Carnet de voyage

Carnet de Jean-Paul C à Taïwan

40 étapes
33 commentaires
Quelques anecdotes totalement subjectives et partiales. Tout est idyllique avant le départ, mais la réalité reprend vite le dessus ...
Du 28 janvier au 6 mars 2020
39 jours
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à la dernière page de ce carnet de voyage, il y a un petit guide pratique et des liens destinés aux futurs voyageurs vers Taïwan.

28/01

Hier.

Tout est gris autour du terminal T1 de Roissy : le ciel, les pistes, les installations aéroportuaires… À l’intérieur, les boutiques de luxe brillent de mille feux, étalant leurs articles hors de prix. Contrôle automatique des passeports dans des sas : des caméras à reconnaissance faciale comparent votre bouille avec celle de votre passeport.

Notre destination : Taïpei, capitale de Taïwan. Pourquoi Taïwan ? Alors que l’épidémie de coronavirus fait la Une de l’actualité ? Il faut dire que ce voyage a été prévu depuis près de six mois, et qu’au vu des dernières informations, cette île au large de la Chine semble relativement protégée. So, pourquoi Taïwan ? Nous avions hébergé il y a une dizaine d’années A., une jeune étudiante taïwanaise venue accomplir en France une année d’études afin d’apprendre le français. Et alors, elle n’avait pas cessé de vanter son pays, sa culture traditionnelle, ses sites naturels et sa gastronomie. Et comme nous n’y avons jamais été, autant y aller, et voir en quoi ce pays ressemble à la Chine continentale et en quoi il en diffère.


À notre présentation au comptoir de la compagnie Eva air, on me fait observer que mon passeport est limite valable, car il expire dans six mois et deux jours, et que si l’avion a des soucis pour arriver à Taïpei, je ne pourrai pas entrer dans le pays… vu qu’il faut avoir un passeport avec une validité minimum de six mois exactement. Autour de nous, dans la salle d’embarquement, beaucoup de personnes ont des masques de protection. Nous, on en a quelque part dans les valises, mais ils doivent être déjà dans la soute !


Le Booing777 part à l’heure (11h30). Il n’est pas plein. On est à l’aise à nos places et bientôt un repas correct nous est servi. Les hôtesses ont aussi distribué des claquettes. Survol des Alpes autrichiennes enneigées. On somnole… Il fait nuit au-dessus de l’Iran.


Aujourd’hui

"Programme télé épatant" "MRT A" "Main Station"


Arrivée sur Taïwan au petit matin. Ciel couvert, 14°. À l’aéroport, contrôle rapide des passeports. Personne ne tique sur la date d’expiration… Des grandes affiches proclament qu’il est strictement interdit d’importer de la viande de porc sous toutes ses formes. À la sortie, on est surveillé par une caméra thermique. On se procure des dollars taïwanais, une carte sim, et enfin une Easycard qui permet, une fois alimentée en $$, de régler par contact les transports locaux et de petites dépenses dans certains magasins. La monnaie du pays est le Nouveau dollar taiwanais (TWD). On a 33 TWD pour un euro.


L’aéroport est relié à la capitale (40 km) par un métro rapide (MRT A). La ligne traverse des montagnes couvertes d’une jungle épaisse, puis débouche sur une vaste plaine très urbanisée.


La Main Station concentre tous les moyens de transport : métro, trains, TGV, bus locaux et province, le tout sur plusieurs niveaux. On pose nos bagages dans une consigne automatique. Et on va réserver nos places dans un train pour le 07/02. Les choses se font aisément, en anglais chaotique.


La plupart des gens portent des masques de protection. Du coup, on cède à cette mode : on en achète dans une petite boutique où ils sont vendus par boite de 50 ! Puis on va se promener dans le quartier sud de la gare. Il y a peu de monde dans les rues : c’est le nouvel an et la plupart des gens sont dans leur famille. Peu de voitures dans les grandes avenues, peu de promeneurs dans les parcs, à peine un peu d’animation dans les ruelles commerçantes.

"Masques en pile" "Le parc de la paix" 


"Pas grand monde dans les rues" 
"Quelques temples" "La porte du Nord" 

Alors qu’on chalande devant une pharmacie, des femmes nous interpellent « attention, vous ne portez pas vos masques comme il faut : la couleur verte doit être à l’extérieur et le bord dur doit se placer sur le nez » ! Et tout le monde de rigoler. On aurait dû décrypter le mode d’emploi écrit en chinois !


Une laverie automatique nous attire : comment ça marche ? On essaye de déchiffrer le mode d’emploi des différentes machines. Un gars, qui attend que son linge sèche, nous l’explique patiemment (en anglais).


On déjeune d’une soupe aux nouilles et wontons (raviolis) dans une petite échoppe. Puis on retourne à la gare récupérer nos valises. Il s’agit maintenant de rallier notre logement, un airbnb dans le quartier au nord de la gare. Le descriptif de l’itinéraire tient du jeu de piste : un mail avec une série de photos surchargées de flèches et de quelques commentaires. On ne manque pas de s’égarer et comme on tourne un peu en rond, avec nos portables à la main, des gens viennent nous voir pour nous dépanner, et on finit par trouver notre logement ! C’est un petit studio propre et bien conçu avec pleins de petites attentions. Idéal pour le séjour d’une dizaine de jours qu’on a prévu pour Taipei et sa région. Dommage que pour récupérer les clés, ce soit aussi impersonnel : une boite dont le code de verrouillage est communiqué par internet…


Après une pause au studio, on fait un petit tour dans ce quartier populaire. Le marché de nuit de Ningxia est tout proche. Les petits stands de bouffe se serrent les uns contre les autres sur deux cents mètres, proposant chacun sa spécialité ; les charbons sous les grills sont allumés, les marmites bouillonnent, et des clients sont déjà assis à de petites tables pour consommer des mets autant bizarres que parfumés, alors qu’il est à peine 16h. Tous les prix sont affichés. On fait des courses dans un supermarché pour assurer les prochains petits dej. On constate que les prix des fruits sont exorbitants (les pommes sont vendues à l’unité au prix de un euro…). Il fait déjà nuit lorsqu’on sort du magasin (17h30). On dépose les courses au studio et on retourne au marché de nuit, bien qu’on commence à ressentir la fatigue.

"Des jeux pour enfants" "Marché de nuit de Ningxia à 16h" 


À présent, c’est la bousculade dans l’étroite allée qui sépare les deux rangées de stands. Parfois des queues importantes se sont formées devant des stands : certains arborent un label décerné par « Michelin », alors, ça doit être fameux. On se décide pour des dumplings (bouchées cuites à la vapeur). Puis, on rentre au studio, repus mais fourbus. Dans la grande rue de notre hébergement, des notes stridentes de la « lettre à Élise » nous font sursauter : trois énormes camions poubelles s’alignent le long du trottoir et les gens du quartier viennent y balancer leurs sacs… Beethoven a eu raison de devenir sourd !

"Le même marché de nuit à 19h" " Les camions poubelles arrivent !"
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29 01


Hier soir, difficile de s’endormir… Mais impossible de sortir du sommeil de plomb ce matin à 9h. Ce matin on a du mal à démarrer et on traîne des pieds. Dehors, il pluviote et il fait froid (12°). Ciel bas. Pas grand monde dans les rues. On prend le métro ligne rouge à Zhongsan, direction Beitou. Petite correspondance pour Xinbeitou.

"Taipei, le matin, pendant les congés de la nouvelle année"


Beitou est la grande station thermale de la région. Il y a de nombreux hôtels qui proposent des cures thermales, mais aussi des bains publics. Mais il y a aussi des sites où se manifeste la géothermie : les solfatares. Et comme la région est montagneuse et couverte de forêts, il y a aussi des sentiers de randonnées.


À la sortie du métro de Xinbeitou, l’ancienne gare des débuts des chemins de fer a été reconstruite et est à présent un petit musée. Sur les anciens quais, se tient un petit marché d’artisans : bonzaïs, souvenirs, savons, poteries, etc… Les familles sont de sortie, c’est encore les vacances de la nouvelle année.


La première source thermale que l’on visite (Fuxing) est à cinq minutes au nord de la gare. À l’entrée d’un grand parc, des bassins sont aménagés sous un large auvent, et les gens, manches de pantalon retroussées s’y trempent les pieds, tout en bavardant bruyamment (accès libre). Les gens sont assis sur le rebord des bassins et il y a peu de place disponible.

"L'ancienne gare" "Les sources de Fuxing" "Enfin seule..."

Après avoir remonté une rivière à l’odeur légèrement soufrée, on sort du parc et on arrive à la deuxième source thermale (Quanyuan). Un bassin a été aménagé en forme de rivière, et pareillement, les gens y trempent les pieds. À la source, l’eau fait 62°5. À l’endroit où elle se jette dans le bassin, on a peine à y rester. Mais certains le font et ils ont les ripatons couleur homard cuit. On s’installe un peu plus en aval, et là c’est supportable. On patauge un bon quart d’heure. Les gens autour de nous nous font de grands sourires, et l’un d’eux nous souhaitent la bonne année ! On remarque qu’il y a des affiches recommandant le port du masque en raison du virus. On espère que, pour nos doigts de pieds, les virus ont été bouillis dans l’eau chaude…

"Gare au virus !" "Cuisson lente"


On remonte une route étroite, serpentant vers la montagne et assez fréquentée pour arriver à la troisième source thermale (Sulfur valley). Les bassins sont surpeuplés, et l’ambiance y est animée ! On se promène un peu plus loin, et là, la vallée révèle en son creux un terrain dépourvu de végétation, remplis de cailloux et de rochers, et à de nombreux endroits, de la vapeur s’échappe de la profondeur de la terre, parfois par des jets bruyants. On ne peut pas s’approcher. Des panneaux explicatifs nous expliquent que cet endroit (Solfatare Liuhuanggu), connu depuis l’antiquité, a été exploité pour en extraire le soufre, par les populations autochtones, puis les colons européens puis les Chinois. Leur méthode consistait à délayer dans de grandes cuves le minerai dans de l’huile chaude, pour permettre au soufre de se séparer de la terre et des cailloux. Actuellement, cet endroit est exploité pour un objectif différent : ce qui sort des profondeurs de la terre, ce sont des jets de vapeur à plus de 100°, la vapeur est alors diffusée dans de grands bacs aménagés pour y accueillir aussi de l’eau froide, et ainsi, il en sort de l’eau chaude, bonne à distribuer en ville.

"Source de Sulfur valley" " Solfatare Liuhuanggu" x 2


La rando se poursuit par un sentier aménagé vers un col (ici les montagnes sont recouvertes d’une végétation dense) où se trouve un « visitor center ». Cet endroit est très intéressant, expliquant la géologie du site et plus largement, celle de Taïwan. Des installations utilisant la vidéo et le numérique, et interactives permettent d’en découvrir aussi la faune et la flore. En résumé, l’ile de Taïwan, si montagneuse et, ici, volcanique, est le résultat de la percée du continent Eurasie par la plaque tectonique qui supporte les Philippines. D’où tremblements de terre fréquents et volcan (seulement endormi).

"Le visitor center"  "La Solfatare Longfenggu" "Cristallisation du soufre"


On passe sur l’autre versant du col et on débouche sur la Solfatare Longfenggu. Un petit chemin aménagé permet de s’approcher des évents qui lâchent leurs vapeurs soufrées. On voit les pierres recouvertes de fins cristaux.


La rando se poursuit par la montagne vers l’ouest. Une petite route mène à un immense cimetière, dont les tombes recouvrent les flancs sur des kilomètres ! Les tombes sont larges, sobrement décorées, parfois fleuries, entourées d’arbustes soigneusement taillés. De nombreuses tombes chrétiennes. Une fois le cimetière traversé, un étroit sentier s’enfonce dans la forêt, et dévale la pente pour rejoindre les confins de la ville de Beitou. Plus on se rapproche du centre-ville, plus les hôtels qui proposent des SPA sont luxueux. On peut y passer une heure ou une nuit (ce n’est pas le même prix…) et y bénéficier d’un spa dans la chambre ! On arrive à la gare de Xinbeitou à la nuit.

"Le vaste cimetière" x 2 


"Qui va là ?" "Le seul rayon de soleil de la journée" 

Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/beitou-sources-solfatares-et-thermes-46026019


On s’assoupit dans le métro du retour. Heureusement que les caprices d’une fillette voisine nous maintient éveillés. Repas d’un délicieux poulet jaune au marché de nuit de Ningxia.

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On se réveille vers 7h30. Au petit dej, on entend au loin de soudaines pétarades. Une fois dans la rue, on comprend que ces pétarades sont déclenchées par les commerçants, qui, avant de rouvrir leur boutique au début de la nouvelle année, en chassent les éventuels démons et autres esprits maléfiques. Un peu plus loin, on constate que c’est pareil pour la reprise du travail dans les entreprises, aussi bien dans les chantiers que dans les bureaux, cérémonie à laquelle le personnel assiste respectueusement. On prend le métro ligne G comme verte à Zhongshan, puis on change à Fuxing pour la ligne B comme brune, vers le sud. Les installations du métro et des stations sont gigantesques, aux équipements du plus récent modernisme. Chaque station est équipée de toilettes ultra propres, avec une pièce dédiée aux femmes qui souhaitent allaiter (ce qui veut dire que ce n’est pas possible d’allaiter son mioche en public). Il y a des distributeurs payants de mouchoirs, de masques et de serviettes hygiéniques. Dans les endroits touristiques, il y a un endroit où on peut mettre à jour son calepin « souvenirs » à l’aide du tampon dédié au site visité. Et si on se perd dans les correspondances ou dans la rue, il y a toujours des personnes serviables pour vous aider à retrouver le bon chemin, et avec le sourire !

"Pétards et cérémonies  du nouvel an"


"Bus-manga" "Toilettes femme et salle d'allaitement" "Métro aérien" 

Au terminus de la ligne Brown line (Taipei zoo), il y a le départ de la Maokong gondola, un télécabine de 4 km qui évolue au-dessus des collines, des épaisses forêts et de quelques temples. Maokong est un lieu à l’écart de l’agitation de la grande ville (que l’on aperçoit tout de même au loin), et comme sur un vaste balcon des salons de café ou de thé sont alignés le long d’une petite route dans l’attente des familles assoiffées.

"Maokong gondola" "Champ de thé" "Cerisier en fleurs" 

C’est par cette route que commence notre randonnée. Il fait un beau soleil, l’air reste un peu frais (14°). Puis au-delà d’un large escalier montant, un beau chemin traverse la jungle/forêt aux nombreuses fougères et bambous. On arrive assez rapidement à d’autres escaliers bien moins entretenus, descendants, ce qui met nos genoux à l’épreuve.

"Le site de YingHe" 


On découvre au dernier instant le site de YingHe : un temple délabré inséré dans une grotte et une cascade qui lui dégringole presque dessus. Charme absolu !

"Le site de YingHe" 


Puis on reprend des sentiers, toujours dans ces collines recouvertes de jungle, afin de faire une boucle. Mais les sentiers deviennent de plus en plus étroits, aux pierres glissantes et au fort dénivelé. On se retrouve à devoir longer la ligne de crête de ces collines. Et pour rejoindre la route, la dernière section est épouvantable : une pente très raide, un support glaiseux donc glissant, les cordes attachées aux arbres et censées servir de rampes sont moisies, des lianes et des racines pour faire des crocs en jambe !! On met une heure pour faire à peine 700 m !


"Ils sont là pour vous soutenir dans l'effort !" "Heureusement, on dispose de Maps.me !" 

On parvient à la route dont on bénit la présence.


On se prend une heure de pause au salon de thé Yao Yue ( = sur l’invitation de la lune), salon ouvert 24h/j. Le principe du salon est simple : on achète un sachet de thé (40gr), on vous confie un plateau contenant tous les ustensiles nécessaire pour déguster un thé, avec selon votre envie, un accompagnement de quelques plats ou desserts. Vous vous installez alors à une table en terrasse ou en salle. Vous allez remplir votre bouilloire à une fontaine d’eau bouillante et vous suivez consciencieusement le mode d’emploi en 2 pages et14 étapes (dont le « reniflement », étape 12, afin de saisir la finesse de l’arôme du thé)…

"Boire son thé n'est pas si simple !" 


La route du retour s’effectue en pleine nuit. On s’inquiète car on n’a pas pris soin de noter l’heure du départ de la dernière cabine. Au guichet, on respire : la dernière cabine est à 21h ! On prend un peu de temps pour faire des emplettes à la supérette du télécabine : des barquettes à réchauffer au microonde. On ne sera pas rentrés au studio avant 20h…


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/maokong-yinghe-yao-yue-46063197

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31/01


La journée s’annonce belle mais encore un peu fraîche. Eu égard aux courbatures survenues à la suite des précédentes randonnées, on préfère se calmer et faire du tourisme à la pépère. On retourne donc à Beitou pour compléter notre connaissance des bains thermaux. Donc retour à la Red line, station 22. Cette fois-ci, on ne prend pas la petite ligne pour Xinbeitou, et on se dirige à pied à travers la ville basse. Il faut dire que c’est une bonne idée, car on découvre un tout autre aspect de cette cité touristique. La ville haute qui est à proximité de la rivière aux sources chaudes, est essentiellement dédiée aux hôtels/SPA de luxe, et aux commerces du même genre. La ville basse est bien plus populaire : on tombe sur un marché qui occupe plusieurs rues et qui est bien animé. On en profite pour faire quelques courses (des légumes verts), car il n’y a pas que le sommeil causé par le jetlag qui pose problème…

"Food Truck" 


Dans la ville haute, on visite les anciens thermes publics, transformé en musée. C’est un vaste bâtiment abritant une belle piscine et des petits bassins. Des salles sont consacrées à l’histoire de ces bains qui remonte à plus de deux siècles. On doit quitter ses chaussures pour visiter, mais on a accès à un casier pour les ranger.

" Les anciens thermes publics" 


Un peu plus en amont, il existe encore des bains publics : ce sont les Millennium Hot springs. Le prix d’accès est modique (40 TWD soit 1,3 €). On décide de se prendre un bain chaud ! À l’entrée, une dame vérifie que l’on dispose de la bonne tenue (les maillots de bains, c’est ok ; le calbute de papy et les sous-tifs de mamy, c’est non). Les bains se composent d’une demi-douzaine de bassins en étage dans lesquels les gens se trempent jusqu’à la tête. La température affichée est de 43°. L’eau a un goût très salé et acide à la fois. Elle contient beaucoup de minéraux sulfurés. Elle rend la peau veloutée. Après s’être déshabillés dans des cabines plutôt vétustes, et avoir rangé nos affaires dans des casiers qui ne ferment pas, on trouve difficilement deux places dans un des bassins : à cette heure (11h) il y a de l’affluence. Il n’y a pratiquement que des personnes de plus de 50 ans, et surtout des hommes. On mijote là un bon quart d’heure, puis on repart (photos interdites…hum…).

"Millennium Hot Springs" 


On remonte la rivière jusqu’à la « Vallée thermale ». Au milieu d’un petit parc, des vapeurs s’échappent d’un petit lac : de petits bouillonnements attestent la présence en profondeur de source chaude. L’eau est à 90° et y dépose de nombreux minéraux.


On déjeune dans un petit restau traditionnel de la ville basse. Puis métro pour Tamsui. Le site de cette ville située au débouché sur la mer de la rivière éponyme a été la convoitise de tous les occidentaux : Portugais, Espagnols, Hollandais puis Britanniques. Même les Français ont tenté d’y mettre un pied, alors qu’ils étaient en guerre contre la Chine en 1885, à propos du Fleuve Rouge. Enfin les Japonais ont eux aussi occupé cette place forte. On apprend tout cela à la faveur de la visite des forts de Hobe et de San Domingo qui surveillent l’estuaire. Il y a de nombreux visiteurs. De même dans la résidence du consul britannique dont les meubles et installations n’ont pas bougés depuis son éviction en 1972. De même dans la résidence du responsable japonais de la ville de Tamsui, pendant les années d’occupation.

"Fort de Hobe" 


"Fort de San Domingo" "Résidence du consul" "Collège d'Oxford"
"Résidence du maire japonais" 

On termine la visite de Tamsui alors que le soleil se couche à l’horizon. La foule des touristes (ou des vacanciers) reflue vers la gare. Quand on est arrivé ici, ils flânaient sur la promenade au bord de l’estuaire, et maintenant ils vident leurs poches pour dévaliser les marchands de friandises ou de beignets de calamars.

"La promenade au bord de l'estuaire" 


"Beignets de calamar" "Marchand de chaussures" 

Retour au studio où l’on dîne d’une belle portion de canard accompagnée de légumes verts, le tout acheté sur le marché de Beitou.

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01/02


Debout tôt pour attraper le bus 1717 à 8h derrière la Main Station. Il doit nous amener sur le versant est du volcan qui occupe le nord de l’île de Taïwan. Il fait beau, quelques nuages cependant. 14°. Le samedi à cette heure matinale, il n’y a pas grand monde dans les rues. Les petites gargotes attendent le client pour le petit dej : soupes, nouilles ou bouchées à la vapeur… Le petit bus rouge 1717 est plutôt vieillot et contraste avec la plupart de ses congénères qui sont flambant neufs. On va mettre 1h15 pour faire 34 km ! Il faut dire qu’à peine quitté Taipei, on est dans la montagne. On traverse le parc naturel de Yangmingshan. Ce parc couvre la partie volcanique de l’île. Par-ci, par-là, on aperçoit des fumerolles s’élever des vallées.


On descend à l’arrêt Qiangxin, en pleine campagne : c’est de là que part le chemin qui mène aux bains naturels de Bayan. Cet agréable chemin longe la rivière qui dévale du volcan. Les eaux sont tellement chargées de minéraux que les rochers et les rives sont teints en ocres. On grimpe le long d’un petit affluent, et après avoir franchi une barrière où il est bien écrit qu’il ne faut pas la franchir, on parvient sur le site des bains chauds. Il y a déjà une douzaine de personnes qui trempent jusqu’à la tête dans des bassins. Ces bassins ont été aménagés grossièrement dans le lit de la rivière en poussant quelques rochers. À quelques pas de ces bassins, une source d’eau très chaude (on n’y laisse pas le doigt une seconde !) les alimente en se mélangeant à l’eau fraîche du torrent.


"La source chaude"  "Le premier bassin"
"Deuxième et troisième bassins" 

On se trouve un coin entre deux rochers pour se changer et on va se baigner. Les gens, une fois la surprise passée, nous sourient, nous font de la place et certains nouent la conversation. Un gars nous demande si on a des endroits comme ça en France, je lui réponds que non, car toutes les sources sont privées, captées et il faut payer pour pouvoir prendre des bains. Il me dit qu’ici c’est aussi privé, et que c’est interdit d’y venir, et que parfois la police vient… Mais je n’y crois pas trop : une vieille mamie semble être une habituée des lieux. On fait trempette une bonne demi-heure. Sur le chemin du retour, on croise pas mal de gens, famille avec enfants, jeunes, etc..


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/les-bains-naturels-de-bayan-46125657


Parvenus à la route, on doit attendre le bus 1717 qui va sur Jinshan. Un jeune attend à l’arrête de bus. Je lui demande quand va passer le prochain bus. Il me montre une application sur son portable qui lui indique que le prochain bus va arriver dans cinq minutes. Je suis bluffé et aussitôt je télécharge l’app Taïwan-bus ! Correspondance à Jinshan où notre nouveau bus nous amène en direction de Keelung, à Yehliu. En attendant le bus, on achète des dimsum (bouchées à la vapeur), dont on peut apprécier la fraîcheur : elles sont fabriquées et cuites devant nous ! Et ils sont tellement chaud qu’on doit attendre d’être à Yehliu pour les déguster … Yehliu est un petit port de pêche qui abrite une flottille de bateaux plutôt vétustes


Le site de Yehliu nous surprend à deux titres : c’est une réserve géologique, et il y a beaucoup de monde que ça intéresse. Bien sûr, la plupart des gens sont venus pour faire des selfies, et prendre un peu d’air marin. Mais c’est pour la bonne cause : les formations gréseuses sont tellement originales qu’elles stimulent l’imagination, et chacun ici va trouver une ressemblance à quelqu’un ou à quelque chose. À l’accueil on nous propose un guide bénévole ! Il va nous accompagner une bonne heure sur le site. Et nous, on y restera une heure de plus !


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-marcher/yeliu-geopark-46126106


On rentre par un bus direct Taipei.


À la « maison » on a la surprise de voir que la personne qui s’occupe de la réservation à répondu positivement à notre demande de rabe de couverture : c’est une vague de froid qui tombe sur Taïwan et tout le monde est habillé comme pour aller au ski ! Il faut dire que c’est le service météo national qui indique sur son application comment il faut s’habiller !

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02/02


Ce matin, une belle journée se prépare : soleil et ciel bleu, 12°. On va randonner dans le parc national de Yangmingshan, dont les limites correspondent à celles du volcan Datun. Il se situe au nord de Taipei, et il est l’un des lieux favoris des habitants de la capitale pour s’aérer le week end. On prend le bus 1717 de 8h. Il lui faut bien 45 mn pour parvenir au parking de Xiaoyoukeng.


On passe par le visitor center qui propose des explications sur le volcanisme de la région. À une centaine de mètres, des fumerolles s’échappent bruyamment de la montagne. C’est tout un pan de la montagne qui est mis à nu par les remontées brûlante de vapeur soufrée, empêchant toute végétation d’y pousser. Dans une petite cuvette, de la boue grise bouillonne. La rando démarre assez raide pour contourner cette partie de la montagne. Le chemin est tout en pavés puis rapidement, en escalier. On évolue au milieu d’une forêt de bambous nains.

" Un volcan en sommeil" 


Il y a beaucoup de randonneurs. Ceux qui nous croisent nous disent good morning ! L’arrivée au sommet se fait dans la cohue, ceux qui cassent la croute, ceux qui font des selfies, ceux qui récupèrent de la sévère montée.


La descente vers Lenshuikeng est encore plus longue et plus raide. Et toujours des pavés et des escaliers ! Le paysage est magnifique, avec le contraste du moutonnement des montagnes couvertes de ce manteau de bambous nains qui ploient au vent, et au loin les gratte-ciels de la capitale, perdus dans la brume. À Lenshuikeng, il y a des bains publics, mais ils sont modestes. On se soulage tout de même les pieds dans l’eau de la source chaude qui n’est pas si chaude. Il y a aussi une salle où l’on peut prendre des vrais bains, mais on n’a pas été tenté… On passe au visitor center qui est aussi un lieu de picnic. On déjeune d’une soupe de patates douces au gingembre, et d’un dessert au goût de médicament vaguement sucré et à la texture de gelée de pied de veau.

"Les bains chauds pour les pieds"  "Un pont suspendu pour les randonneurs"


On reprend la rando vers l’est, à Qingtiangang, un genre de plateau, avec une plus grande variété dans la végétation, mais aussi avec de vastes prés où se prélassent quelques buffles. Nombreux sont les promeneurs, des familles qui laissent courir leurs mômes dans l’herbe épaisse, les jeunes en couple ou en bandes qui écoutent de la musique sur leur portables, des sportifs qui font de la gymnastique en marchant, et des groupes de fanatiques qui bousculent tout le monde, à croire qu’ils ont un avion à prendre.

" Qingtiangang "


On finit notre rando vers 16h. à Lenshuikeng, c’est le bus S15 qui redescend en ville. Une queue d’attente de plus de cinquante personnes s’est déjà formée, et on pense qu’on n’aura pas le premier qui passera. Mais quand le bus arrive, bien sûr, les places assises sont prisent d’assaut et du coup, de nombreuses personnes ne montent pas car elles attendent le bus suivant pour en avoir. On finit la rando dans le bus, debout, accrochés aux poignées, éjectés à chaque virage sur les voisins. Une épreuve d’une heure et demie, car il y a aussi des embouteillages !


On fait quelques courses de plats cuisinés dans des petites échoppes, à réchauffer au microondes. On fait comme beaucoup de Taïwanais, qui la plupart ne font pas la cuisine chez eux.


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/traversee-mt-qixing-et-qingtiangang-46172012

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Ce matin la météo annonce un temps couvert, et la température doit se réchauffer. En sortant de notre logement, on est surpris par le monde qu’il y a dans la rue : 50 m de queue devant une pharmacie pour avoir sa ration de masques. Et la télé est là ! Il a été annoncé qu’étant donné la difficulté d’en produire beaucoup et vite, les gens seraient rationnés à trois masques par personne.

"La crise des masques" 


On se rend à la Main Station, pour prend un train pour Ruifang. On est un peu sur les dents car on est limite à l’heure pour le train 4022 de 8h37. On parvient à déchiffrer les panneaux, deuxième sous-sol, plateforme 4. On saute dans le train et on s’assoit. Soudain, un doute s’installe : est-on dans le bon train ? Je dérange mon voisin qui bien sûr tripote son mobile et a des bouchons d’oreille, et lui demande si c’est bien le train pour Ruifang. Il me regarde avec des yeux ronds (je ne vois pas le reste de son visage vu le masque, mais je devine qu’il ne comprend pas ma question) alors je lui montre la ville de Ruifang sur mon mobile et je pointe du doigt le plancher du wagon. Tout s’éclaire et il me rassure, si, si, c’est le bon train (langage des signes). À Ruifang on doit changer pour prendre un train à voies étroites qui va en direction de Pingxi. C’est une ancienne ligne du temps de l’exploitation des mines de charbon. Alors qu’on vient de monter dans le train, deux jeunes filles s’installent sur des sièges libres devant nous, déballent du matériel photo et l’une se met à photographier mille fois l’autre laquelle prend des poses de fille blasée pendant tout le trajet…

"Miroir, dis-moi..." "Hameau déserté" 


La gare de Sandiaoling, toute sombre et en béton, est une ancienne halte des trains ramenant le charbon depuis les mines de la vallée. On démarre la randonnée en traversant un petit hameau aux vieilles maisons et où tout semble abandonné. Puis une raide montée en escalier à travers une forêt de bambous, de fougères arborescentes et d’arbres dont les troncs sont envahis de mousses et de petites plantes parasites. On admire les cascades d’Hepu, de Motian et de Pipa Dong, mais il faut passer par des échelles, des marches taillées dans la falaise et des sentiers en corniche.


Arrivés à Fuxing temple, où on pensait s’arrêter pour piqueniquer, on est interpellés par un groupe de randonneurs installés sous un kiosque pour casser la croute : ils nous proposent de prendre le thé avec eux ! Quelle aubaine ! et en plus ils nous couvrent de bonbons et de tranches de pommes salées ! Eux vont vers le nord-est et nous on poursuit vers le sud-ouest. On piquenique à la terrasse d’une maison qui semble abandonnée. À partir de là, l’itinéraire devient une route où on ne voit passer aucun véhicule jusqu’à ce qu’elle débouche sur une route plus passante. On traverse de rares hameaux, sur des lambeaux de terre gagnés sur la forêt. Les chutes d’eau de Shifen sont imposantes, mais l’endroit, accessible en voiture, est transformé en parc d’attraction avec stand de bouffe, magasins de souvenirs, etc.


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/sandiaoling-shifen-46238397


On finit la rando dans la ville de Shifen. Et là c’est la surprise ! Dans cet ancien village de mineurs, où la voie de chemin de fer occupe la rue principale, c’est la grande animation. Ici on vend des montgolfières en papier, et les gens, après avoir écrit dessus leurs vœux sur les quatre faces, allument un feu à l’intérieur et la font s’envoler. Il se dit que c’est une coutume ancienne, qu’on attribue à un général des anciennes dynasties ayant utilisé ce stratagème pour communiquer avec ses alliés (cf. les signaux de fumées des Indiens ou les pigeons voyageurs). Ce qui n’est pas sans aléa : on a vu une montgolfière s’enflammer en l’air et retomber sur une voiture garée.

"Animation montgolfières à Shifen" 


Retour en train alors qu’il se met à pleuvoir.

8

04/02


Il pleut, juste de quoi nous décider à rester en ville. Un peu de tourisme urbain ! Notre logement est juste à côté d’une rue, Dihua st, qui a connu des jours prospères à la fin du 19ème siècle ; les riches marchands y ont fait construire des immeubles modernes (à l’époque), et aujourd’hui ces constructions sont préservées, tout en étant toujours dédiées au commerce : pharmacopée traditionnelle, produits rares à cuisiner, herbes, racines et fruits séchées, etc. Un marché moderne Yongle propose des denrées plus simples et moins luxueuses.

"Préparation de crèpes de riz" "Satisfaite de son commerce" "Variétés de thé" "Dihua st"
"Façades de prospérité"  x 2 "Denrées de luxe" " Champignons séchés"


On arpente les rues vers le nord pour atteindre le temple de Bao’an, religieux, et le temple de Confucius, où sont vénérées les vertus que sont l’éducation et les arts. Dans le premier, les gens prient et apportent de l’encens aux dieux, dans le second, les familles montrent aux enfants comment tenir le pinceau à calligraphier.

"Le temple de Bao’an"  "Le temple de Confucius" x 3
"Apprentissage de la calligraphie" 

Après un piquenique improvisé et quelques gateaux, on parvient au musée Fine arts, aux vastes salles, consacré en ce moment à la calligraphie et à quelques installations. On n’est pas fans.

"Croissant saucisse"  "Mais où ai-je bien pu mettre ma clé de douze ?" "Le dernier commerçant libéral" "Installation au Fine Arts"

Par contre, la résidence de Lin Antai nous a beaucoup plu. C’est une demeure du 18ème siècle qui a pu garder tout le charme du passé. C’est un miracle car elle a failli être rasée par la construction d’une autoroute. Suite à une pétition, elle a été démantelée et reconstruite. Mais, alors que son architecte d’origine avait tout dessiné en respectant les règles du Feng Shui, avec la belle montagne en perspective du bassin en demi-lune, lui-même en perspective de l’habitation principale, la résidence est aujourd’hui enserrée dans un réseau de bretelles d’autoroute et de tours d’antennes…

"La résidence Lin Antai" x 3 


"Ici, on recharge les piles des scooters électriques" "Au marché de fringues de Wufenpu"

Métro pour Songshan. On va faire un tour au vaste marché de fringues de Wufenpu où il y a mille petites boutiques, mais la mode d’ici n’est pas trop à notre goût. Puis on arpente le marché de nuit de Raohe qui est bien plus vaste que celui de Ningxia, et où les stands de bouffe alternent avec les stands de fringues ou de babioles. On se fait préparer une omelette aux cives et des cubes de bœufs rôtis au chalumeau pour notre repas de ce soir.

"Le temple de Ciyou" " Au marché de Raohe, on nous prépare notre omelette... "  " ...et nos cubes de bœuf" 


Pour ce qui est des actualités de la vie quotidienne, le gouvernement taïwanais a décidé de rationner sévèrement la distribution des masques (2 par personne et par semaine) avec contrôle de la carte de sécurité sociale, et il a différé la rentrée scolaire de deux semaines (vacances obligatoires à déduire des congés d’été).

9

05/02


La météo annonce des nuages bas et possiblement de la pluie. On reste en ville ! On visite le National palace museum. C’est le musée qui rassemble les collections impériales que Chiang Kai Shek a emporté avec lui à Taïwan en fuyant les armées de Mao. Les collections sont des livres anciens, des calligraphies, des rouleaux peints, quelques meubles de palais, les objets rituels en bronze et une quantité innombrable de céramiques. Les objets sont exposés dans des salles sombres et sont tous derrière d’épaisses vitres. Dans les salles consacrées à la calligraphie, des centaines d’affiches avec de longs textes sont proposés à la lecture, des poèmes semble-t-il. Difficile pour nous d’apprécier. Dans d’autres salles de petits objets plats en jade font l’objet d’une étude minutieuse dont on ne comprend pas grand-chose. À vrai dire, les objets, les styles et les motifs n’ont pas beaucoup évolué pendant deux millénaires…


La seule salle où on a été vraiment captivés, c’est celle consacrée aux illusions d’optique : voir l’exemple en photo où un objet représentant une flèche allant à droite, donne dans le miroir une image de flèche allant à gauche. Trop fort. Il y a de nombreux autres objets exposés qui démontrent combien le cerveau peut avoir du mal à déjouer les pièges de la perspective.


On sort du musée vers 13h30, alors on erre dans le quartier entre Shilin et Jiantan à la recherche d’un repas, mais au marché de nuit de Shilin, toutes les boutiques sont fermées. On aurait pu s’en douter !


On prend le métro pour aller à la tour 101, le plus grand édifice de Taïpei et qui a été, avec ses 508 mètres de haut, la plus haute tour du monde pendant une dizaine d’années. Au niveau B1, il y a un food court géant. Le principe est simple : vous commandez chez l’un des stands et/ou à d’autres, vous payez, on vous donne un genre de soucoupe électronique qui clignote, et vous allez vous installer à n’importe quelle table. Quand votre plat est prêt, la soucoupe vibre et clignote en rouge vif. Il faut aller le chercher ! On est surpris de la taille des plats et de leur prix modique.


"Les cinq premiers étages de la tour" 

On décide de monter en haut de la tour (600 TWD/p). L’ascenseur met à peine 40 secondes pour faire les 89 étages. Bien que le plafond soit bas, la vue sur la ville et les montagnes environnantes est impressionnante. Une étonnante réalisation architecturale est accessible aux visiteurs : l’amortisseur de tempête et de tremblement de terre. Il s’agit d’une grosse boule de fonte de plus de 600 tonnes qui pendouille au bout de câbles et repose sur un jeu de vérins. Ce qui doit réduire de 40% les effets de balancier. Une vidéo en montre les effets lors d’un tremblement de terre et c’est époustouflant !

"vues panoramiques (derrière une vitre)" 


"L'amortisseur" "L'ascenseur" 

On descend d’un étage pour atteindre l’ascenseur de descente, et pour cela on doit traverser une salle où sont exposés des objets de grand luxe : coraux sculptés, vases en jade, bijoux innombrables.


Le ciel s’assombrit alors que l’on sort de cet édifice géant. Le quartier aux immeubles récents, s’éclaire des publicités sur écrans géants. Chaque gratte-ciel dans ses premiers étages propose des galeries marchandes luxueuses, avec souvent les mêmes marques… Lors de notre promenade, on tombe sur un gratte-ciel étonnant, dont la forme laisse penser qu’il a été vrillé par deux doigts de géants.


Après un petit crochet dans le quartier de Guanghua, dont le guide LP vante les bonnes affaires à faire en matière d’électronique (mais on est déçus), et après avoir arpenté les kilomètres de passages souterrains de la Main Station, on rentre au studio. Dîner sur le pouce car l’appétit n’y est pas.

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06/02


Ce matin, il fait plutôt beau temps, et la température a bien remonté : 17°.


On décide d’aller faire une petite rando sur les collines qui enserrent Taipei au sud-est. Métro Red Line de Zhongshan à Xiangshan.


Un mot sur l'ambiance sonore à Taipei. Dans la rue, il y a beaucoup de bus. Et, je ne sais pour quelle raison, leurs feux clignotent à tout instant et émettent des signaux sonores stridents. Les feux rouges, de même ! Les scooters sont largement majoritaires et ça pétarade fort, surtout lorsque les feux passent au vert. Dans le métro, les portiques font un "dong " bien sonore quand vous entrez, et pareillement un "ding dong " en sortant ; et ça pour les milliers de personnes par minute... Une fois sur le quai, une musique feng shui vous indique qu'un train arrive, puis, dans la rame, c'est la voix de robot féminine qui annonce les arrêts après une sonnerie de grelots. Nouvelle musique quand la rame entre en station. Etc…


Arrivés à Xiangshan, il faut longer un parc dans un quartier pour gens aisés. Des jeunes s’amusent et un guerrier solitaire s’exerce comme dans un film au ralenti.

Le sentier démarre plutôt raide par un escalier interminable. De nombreuses personnes le fréquentent bien qu’on soit un jour de semaine. Tout le monde tire la langue (c’est une expression, vu qu’on a le masque !). Mais la plupart des gens s’arrêtent au mont éléphant. Ce sentier se poursuit en ligne de crête sur les collines qui enserrent Taipei autour de la tour 101 : elle est omniprésente dans le paysage, bien que l’on traverse une forêt luxuriante. Des petits temples s’égrènent sur le parcours. Et, super confort : il y a des toilettes (à la japonaise) sur le parcours !

Arrivés au point culminant (375 m) au mont Muzi, on se mesure avec la tour 101 : elle nous dépasse encore ! Puis au mont Jiuwu, dont le sommet est une grosse boule de grès, deux papys qui discutaient là se proposent pour nous faire une séance photo avec nos appareils… On piquenique un peu plus loin. Une dame qui fait le chemin en sens inverse nous fait la conversation et quand elle apprend qu’on est Français, nous dit quelques mots en français ! La fin du parcours se fait au pied d’un immense temple qui ressemble bien plus à un hôtel. On arrive à la station MRT Houshanpi.


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/monts-elephant-et-tigre-46329064


Dans les rues, c’est toujours la queue devant les pharmacies pour acheter des masques. On découvre aussi qu’il existe des supermarchés pour animaux de compagnie, où on y vend entre autres des poussettes pour promener son chien !

"Queue pour les masques" "Ici, on vend des layettes et des poussettes pour chiens" 


Bus 284 pour Gongguan. On va y voir le Musée de l’Eau Potable ! Aussi incongru que cela puisse paraître, un tel musée est bienvenu pour nous expliquer comment les habitants de cette ville ont pu être approvisionnés en eau potable. Une histoire de plus d’un siècle, car ce sont les occupants Japonais qui en ont initié la construction en 1907. Un beau bâtiment aux allures de palais abrite des énormes pompes destinées à amener l’eau de source dans les bassins de purification, et à renvoyer l’eau filtrée vers le réseau de la ville. Le site est toujours actif, mais ce matériel est tombé en désuétude, et du coup a été transformé en musée. Il a été remplacé par un matériel moderne qu’on ne visite pas. Dans un coin du parc, on voit une grande statue moderne : un énorme tuyau plié en deux. En fait ce n’est pas une statue, mais une partie de conduite d’eau installée à Taichung qui a été pliée en deux par le gros tremblement de terre du 21/09/1999, nommé ici Chi-chi earthquake…

"Le Musée de l’Eau Potable"  x 2 "Le tuyau plié" "La tour 101, art de couloir de métro"


Retour au bercail assez tôt, car ce soir il faut fermer les valises : demain on doit prendre le train pour Pingtung au sud de l’île de Taïwan.

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07/02


Réveil à 6h. On entend qu’il pleut à sceaux (on ne voit rien car la seule fenêtre du studio donne sur l’immeuble voisin qui a été construit à 50 cm du nôtre !). On doit prendre le train 111-Puyama à 7h55 à la Main Station. Aussi, on ne traîne pas. On ferme le studio qu’on laisse nickel-propre, on dépose les clés dans la boite, et on traîne nos valises jusqu’à la gare qui est à 15 mn. Heureusement, il ne pleut presque plus. À la gare, les trains grandes lignes s’arrêtent au sous-sol -2. Le bon quai est relativement facile à trouver : il y a des panneaux lumineux partout. Il faut franchir des guichets automatiques pour accéder aux quais et valider nos tickets. Sur le quai, il est indiqué l’emplacement des wagons : c’est le wagon 8. Le train arrive à l’heure. Nos places sont réservées, et faciles à trouver. Le train est comme neuf : on se croirait dans un avion. Et les toilettes sont vastes et incroyablement propres. Les premiers kilomètres du parcours s’effectuent dans un tunnel. Le voyage dure 4h. La moitié du temps consiste à traverser des villes et des zones industrielles où le train se faufile entre les bretelles d’autoroutes. À Kaohsiung, la traversée se fait sous terre. La campagne est strictement en plaine, découpée en petits lopins de terre occupés par des rizières où le riz vient d’être repiqué, des potagers, des vergers où quelques arbres sont déjà en fleurs. Au loin dans le paysage, on voit passer le TGV qui a sa ligne propre.


On arrive à Pingtung avec 10 mn de retard. En sortant du train, on est surpris par la chaleur : au moins 25°. Et un beau soleil ! L’oncle et la tante d’A. nous attendent dans le hall de l’autre côté des guichets automatiques (ne pas oublier de composter en sortant !). On se fait des grands coucous et on échange des congratulations dans un anglais approximatif. En sortant de la gare, on rencontre le père et la grand’mère d’A. qui nous attendent avec une belle voiture. On fait quelques centaines de mètres pour aller au night market qui, comme son nom ne l’indique pas, est ouvert 24/24 : des centaines de stands dans une multitude de ruelles. On nous demande avec beaucoup de gentillesse si on préfère des nouilles ou du riz. On ne sait que choisir ! Finalement ils choisissent un estaminet et commandent pour nous tous six des bols remplis soit de nouilles, soit de riz, accompagnés de boulettes de quelque chose, le tout baignant dans une soupe épaisse. C’est bon !


Tout ce petit monde est aux petits soins pour nous : on nous tient le coude pour traverser, on nous avance les tabourets autour de la table, on nous explique des choses, mais on ne comprend pas tout, car dans cette ville (comme partout) la ronde des scooters se mêle de la conversation. On reprend la voiture pour aller à l’appartement de la grand-mère car c’est là que nous sommes hébergés. On ne manque pas de passer prendre des jus de fruits frais…


L’appartement de la grand-mère, au quatrième étage d’un petit immeuble a trois chambres et un grand séjour prolongé d’une petite cuisine. Il faut déposer ses chaussures à l’entrée et chausser des pantoufles. Notre chambre dispose d’un cabinet de toilette, d’une télé, et d’une bibliothèque remplie de livres (en chinois…). On fait les présentations, puis la famille, qui n’a de cesse de nous remercier d’avoir hébergé A., nous montrent des photos d’enfance. On sort les nôtres ! Maintenant, on doit aller dans une administration pour obtenir une licence pour avoir le droit de conduire une voiture sur l’île (et qui est en fait une traduction en chinois du permis international). Ça semble suffisamment compliqué pour que tout le monde s’en mêle. Et heureusement que les parents d’A. sont là, car seuls, on n’y serait jamais arrivé !

"Night market"  " Bureau des permis de conduire" 

Puis on sort faire un tour dans le parc derrière la maison. On fait une halte dans un petit bistro japonisant où on partage un goûter à base de tofu : deux grands bols remplis de cubes de tofu fermentés et grillés, dégageant une forte odeur proche de celle du munster bien fait, accompagné d’une sauce et de petites feuilles de chou (stinky tofu). On passe l’épreuve sans trop de difficulté…Puis on va à la Porte de l’est, le seul vestige du passé de la ville (1760). L’oncle nous explique que tous les témoignages du passé ont été rasés pour construire de nouveaux quartiers, et maintenant, on le regrette.

"Des feux pour piétons originaux ! " 
"Promenade en ville" 

Retour à la maison « pour se reposer ». On prend possession de notre chambre en déballant nos affaires, et on prépare les cadeaux : à chacun un mug « Toulouse-Lautrec » rempli de billes de chocolat. On distribue ces cadeaux qui font la surprise. À 6h30 (il fait nuit) on ressort. La grand-mère est aux petits soins avec nous : elle nous explique qu’il faut nous couvrir car dehors, il fait froid : il fait toujours 25° ! on va (en voiture) diner dans un restaurant japonais : tranches de thon cru sur cubes de riz, cubes de thon rissolés, soupe de thon, avec une noix de wasabi (condiment japonais vert et piquant) et un fond de sauce de soja. On se régale !

"Les nains de jardins ..."  " Repas japonais" 

On termine la soirée en se promenant le long de la rivière où les arbres sont enrobés de guirlandes et où des compositions lumineuses font l’admiration des badauds. On rentre à la maison. La tante et l’oncle nous préparent de grands bols de fraises et de tranches d’oranges. Pendant ce temps, la grand-mère nous tient des discours qu’on ne comprend absolument pas, mais elle-même ne comprend pas qu’on ne la comprenne pas ! Elle nous passe la télécommande de la télé et nous branche sur un film américain bien violent, …

Bref, on est traités comme des rois !

"Des lumières dans toute la ville" 
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08/02


Ce matin, nous prenons le petit dej en famille. En fait c’est un vrai repas : la tante est sortie pour faire quelques courses et revient avec des sacs bien remplis. Elle étale ses achats sur une petite table : beignets enveloppés dans une crêpe, omelette, brioches à la vapeur, lait de soja sucré, lait de soja non sucré, une boisson épaisse non identifiée au goût de cacahouète, des bananes (locales). On s’est tout de même fait un café et un thé pour compléter…


Toute la fratrie est rassemblée autour de la grand-mère, et nous voilà partis en voiture. On traverse la ville, et on se retrouve sur un vaste parking et devant un gros immeuble. Tout autour, un important cimetière qui semble abandonné. C’est dans cet immeuble que reposent les cendres du grand-père, décédé l’an dernier. C’est sur notre demande qu’on vient ici. Avant son décès, il nous a fait parvenir un cadeau (une bouteille d’alcool fort) pour nous remercier d’avoir accueilli A. .


Lorsqu’on rentre dans l’immeuble, c’est la surprise : des murs sont entièrement occupés par des centaines de casiers (25x30) à l’aspect doré brillant. Tous identiques, avec un relief représentant Bouddha, et doté d’un numéro de référence et du nom du défunt. En ouvrant la petite porte, on aperçoit une urne avec la photo du défunt. On nous explique qu’à présent, on n’enterre plus les gens dans les cimetières car il n’y a plus de place, mais qu’on brûle les corps. On verse les cendres dans une urne que l’on place dans ces petits casiers. On peut même en disperser une partie au pied des petits arbres plantés derrière l’immeuble. On a calculé que sur les trois étages de cet immeuble, il y avait au moins 50 000 casiers ! On peut dés à présent se réserver un casier : il suffit de mettre son nom sur une étiquette rouge ! On n’a pas parlé prix… Et l’oncle, notre interlocuteur, ne sait pas comment ça se passe chez les catholiques, car ici c’est un cimetière bouddhiste. On fait un petit tour dans l’ancien cimetière : les tombes sont placées dans tous les sens, car c’est chaque défunt (ou son représentant) qui décide de son orientation, c’est à dire celle qui doit être la plus Feng Shui. De nombreuses tombes sont en ruine et les folles herbes prospèrent.


On reprend la voiture pour faire quelques kilomètres dans la campagne : quelques champs d’ananas, bananiers, manguiers, des palmiers dont les fruits servent de légumes. On arrive à une église. C’est « la mère des églises catholiques de Taïwan » : Wanjin church, fondée en 1861 par un dominicain espagnol. Dans cette région, les villages ont souvent des églises. On est proche des montagnes, là où vivent les populations originelles de l’île, qu’on appelle ici les « tribus aborigènes ». Ces populations, par opposition à la culture bouddhiste des populations han venues de Chine et devenues majoritaires, ont adopté des religions chrétiennes.


On amorce une route de montagne, et on s’arrête dans un restaurant avec des terrasses qui surplombent la plaine de Pingtung (village de Sandimen). Le soleil ne parvient pas à percer la brume de chaleur qui recouvre la région. Nos hôtes commandent une multitude de plats : poulet qui bout dans une cocotte, salade de légumes, huîtres chaudes au tofu, cubes de porc sauce piquante/cacahouète, crevettes grillées, omelette, riz. Tout est très bon et abondant. On n’en mange pas la moitié ; en repartant, les serveuses mettent les restes dans des poches, et on repart avec.


Encore quelques kilomètres, et on arrive au « Taïwan indigenous culture park ». Ce parc est donc consacré aux cultures des populations d’origine. Ces peuples sont au nombre de 16, si on doit les différencier par la langue. Au total, ils représentent 600 000 habitants. Ce qui est peu en rapport avec le reste de la population de l’île, d’origine Han (24 millions). Ces populations appartiennent au groupe austronésien dont la répartition va des Philippines et Taïwan jusqu’à Madagascar à l’ouest et la Polynésie à l’est en passant par toutes les îles intermédiaires.


Le parc est très grand et des bus circulent entre le parking d’entrée et les différents sites. On arrive juste à temps pour assister à une représentation sous un grand hall (contrôle de la température des spectateurs à l’entrée de la salle). Le spectacle est une succession de danse souvent athlétiques et de musique où dominent les percussions. Le spectacle est très scénarisé, destiné à un public de touristes (photos interdites). On visite le petit musée ethnographique très intéressant.


Retour à Pingtung. On passe la soirée avec la mère d’A. (le père et la mère sont divorcés). On se retrouve devant le grand magasin Pacific. Effusions et remerciement d’avoir aider A. . Elle nous amène dans un grand restaurant de fondue et de grill. On échange des cadeaux. Au milieu de chaque table, il y a deux bruleurs : un pour chauffer un bouillon de légumes, l’autre pour chauffer une grille. Pour commander, il faut remplir des fiches, mais on préfère laisser l’initiative à notre hôte. On la voit alors cocher plein de cases et remplir plusieurs fiches ! Et quelques instants après arrivent des plats couverts de fines tranches de diverse viandes, de petits poissons, de coques, des gambas, puis des petits plats genre tapas, à base de crabe, de sushis, etc et enfin la grosse marmite pleine de légumes. Soit on trempe les viandes dans la soupe qui bout, soit on les étale sur la grille. Ce soir on fait le plein de protéines animales ! La conversation est cependant limitée, la mère d’A. ne parlant pas l’anglais. Alors on échange à l’aide du traducteur vocal de son portable. Encore une fois elle nous dit mille fois merci, et qu’elle est contente de nous voir. Puis on échange sur les plats qui défilent, et enfin sur nos projets de visite. Après la glace en cornet surgelée, on va se promener dans le parc voir les illuminations. Enfin elle nous raccompagne au pied de l’immeuble de la grand-mère.


Aujourd’hui fut un stage de bouffe !

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09/02

Journée Kaohsiung. Temps chaud et lourd. Kaohsiung est une grande ville dotée d’un port qui se vante d’être le 3ème port de marchandises au monde. Elle a été quelques temps la capitale de l’île. On prend le train à Pingtung, et on arrive en 20mn. La gare des trains Kaohsiung est aussi la station de métro. C’est une construction gigantesque encore en travaux. Nos premiers pas dans la ville : on traverse un quartier de ruelles où tous les commerces sont tenus par des Vietnamiens et des Indonésiens, voire des Philippins. Ça doit être le quartier où ceux qui travaillent sur les bateaux doivent venir se ravitailler. Puis, on traverse une ville aux immeubles modernes qui a du mal à se réveiller : grandes avenues désertes, rares échoppes ouvertes : on est dimanche matin. La station de métro Formosa, aux souterrains démesurés, est quasiment déserte.

"Le quartier indonésien"  "La station de métro Formosa" 

À la hauteur du musée de l’Histoire, ça s’anime : des jeunes ados déambulent en déguisement de manga ou font la queue devant un immeuble voisin qui abrite un centre de conférence. Il doit se passer quelque chose ici, mais on ne comprend pas quoi.

" Ah, ces ados !..." 


"Le musée de l'Histoire"

On visite le musée de l’Histoire qui raconte entre autres l’histoire du port. Elle a commencé avec l’arrivée des Européens (17ème) qui ont vu dans cette baie super-protégée par une longue île faisant barrage aux tempêtes, un fameux point stratégique pour commercer avec la Chine juste en face. Et aujourd’hui ce port reste un point de transit quasi incontournable pour le trafic maritime dans la région. On rejoint les quais désaffectés du port. À cet endroit, Pier 2, les entrepôts ont été réaménagés en salles d’exposition d’art moderne, de galeries commerçantes d’objets branchés, et de restaurants chics.

"Ah, l'art moderne !... " 


"Le petit port de plaisance" "Ceci n'est pas une œuvre d'art (quoique...)"

La résidence du consul britannique est une belle construction en briques qui domine le détroit qui mène au port. Là encore, et surtout dans la maison du chef des douanes (mi 18ème), c’est encore une page d’histoire qui montre combien cette île, et en particulier ce port, ont été convoités.


On prend le métro pour aller à la raffinerie de sucre de Ciatou. Là encore c’est une zone atteinte par la désindustrialisation : l’immense raffinerie n’a pas été détruite après son arrêt, et a été transformée en musée, et tout autour un vaste parc d’animation a été aménagé. Les familles font monter les enfants sur les petites locomotives, ou pédalent joyeusement dans les allées.

"La raffinerie désaffectée" 


"Le parc"

On finit l’après-midi autour du lac Pond qui semble un endroit reposant : un lac entouré d’un parc, des temples, des gens qui pêchent… Mais voilà, une série de pétarades retentit dans le quartier proche, des bruits secs très forts, des étincelles au-dessus de nos têtes et une fumée bleue à l’odeur âcre de la poudre qui s’élève au-dessus des maisons… On va voir ! C’est une procession : une fanfare précède un cortège de jeunes qui porte un palanquin sur leurs épaules, palanquin qui transporte une divinité au regard sombre (pas contente qu’on la secoue comme ça !). C’est le retour de la divinité dans son temple. Les gens la bénissent au passage en se courbant plusieurs fois devant, en lui présentant des brins d’encens.

"Le lac Pond, un endroit calme..." "La divinité doit rentrer au bercail ! "


On revient vers le lac : les enfants sont de sortie, les grand-mères aussi ! Des gens s’adonnent au karaoké ce qui n’est pas pire que les pétarades (quoique…), On trouve qu’il fait bon, l’air est plus supportable (24°) et pourtant les gens sont habillés comme pour aller au ski ! On fait le tour de quelques temples, sans oublier celui caché sous une immense statue construite au milieu du lac.


Il fait presque nuit quand, arrivés à la gare de Zuoying, on saute dans un train pour Pingtung ; et il fait complètement nuit quand on y arrive. On cherche un endroit pour manger au night market, où les gens se bousculent. On trouve une petite place au fond d’un petit restau où on mange une soupe et des nouilles (on n’a pas tellement faim, malgré le fait qu’on ait sauté le casse-croute de midi). Retour au logement de la grand-mère, où la tante nous propose si gentiment des fruits.

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10/02


Journée Tainan. Tainan est aussi une ancienne capitale. La plus ancienne, en fait. Et si les constructions des Hollandais ont presque disparu, les temples eux, sont innombrables. En bon touristes, on a suivi scrupuleusement l’itinéraire proposé par LP, et si on n’a pas pu trouver l’un d’eux, on a, par contre, complété la liste avec quatre ou cinq hors liste. Et on en a vu d’autres de loin, mais qu’on n’a pas approchés, par crainte d’overdose. Alors, pour nous, béotiens et mécréants de surcroit, les temples bouddhistes, taoïstes, confucius (iste ?) se ressemblent tous (un peu comme nos cathédrales, pour les Martiens). Ils ont pour point commun le plan général : le portique d’entrée avec la devise dédiée au destinataire du temple, le bruloir d’encens, le sanctuaire principal, derrière, le sanctuaire secondaire, et le bruloir des offrandes-papier ; il peut y avoir en plus des sanctuaires annexes. Grosso modo, les temples bouddhistes proposent pleins de déités différentes, les temples taoïstes s’en abstiennent, et chez Confucius, ce sont les textes qui sont sacrés. EN PLUS : il existe des temples dédiés à des personnalités qui ont existé, généraux, princes etc. Et curiosité suprême, certaines églises catholiques ont repris à leur compte cet ordonnancement…


On ne va pas refaire ici l’énumération des temples visités… Seulement un : celui dédié à Lady Linshui. Cette Lady est vénérée car elle a pour don de protéger les enfants. Aussi, on peut assister aux prières des mères (et quelques pères) parfois accompagnées des enfants, des femmes enceintes, etc. essayant par ce moyen d’évacuer l’angoisse qu’elles éprouvent face aux incertitudes de l’avenir. Mais qu’on se rassure, il existe aussi un temple dédié aux dieux de la guerre, et aussi un temple dédié à la médecine (on se sait pas s’il est opérant pour le 2019-nCoV…). Même la Porte dans les remparts ressemble à un temple !

"Temple de Lady Linshui" 


"Temple de Confucius" 
"La grande porte du sud" 

Bon, cette randonnée urbaine, un peu épuisante (soleil + humidité), permet de nous faufiler dans des endroits inhabituels, d’y surprendre la vie des gens et d’être à l’écart des quartiers rasés et reconstruits avec d’ imposants immeubles en verre remplis de centre commerciaux.


On découvre la midinette qui pose comme pour un catalogue de mode, le chien habillé comme pour aller au golf, l’hypnose des personnes dans leur prière….


À noter tout de même qu’il est compliqué de se promener à pied dans cette ville : il n’y a pas de trottoir et, si tous les immeubles ont des arcades, celles-ci sont toutes encombrées par des scooters, des tables de petits restaus, des moteurs de voiture, des plantes en pots, etc. Quant aux petites ruelles qui devraient rester piétonnes, elles sont des voies rapides pour scooter.


On prend un pot, bien reposant, dans un endroit insolite : le « café de la porte étroite » (Narrow door café). Quasiment invisible de la rue, le passage qui y mène fait à peine 50cm de large, de même pour l’escalier qui va à l’étage.

"Le  café de la porte étroite "


Une touche à ajouter à l’ambiance sonore : la ville est régulièrement survolée par les F16 de l’armée qui font un bruit épouvantable.


On termine la journée en passant par le quartier construit par les Japonais au début du 20ème siècle, alors qu’ils colonisaient l’île. Quelques immeubles aux allures néoclassiques.


On est venu à Tainan en train, retour par le même moyen. Il faut tout de même une heure pour faire le trajet.


Retour à la maison de la grand-mère, où l’oncle et la tante nous attendent pour dîner. La table est recouverte de mets cuisinés maison.


Pendant qu’on dine, la télé explique qu’il y a pénurie de PQ à Taïwan, car les gens s’en servent pour doubler l’épaisseur des masques. Il y a même des gens qui utilisent des protège-slips pour ça !!

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11/02


Les parents d’A. sont adorables ! Hier soir, ils nous ont préparé un repas maison ; et ce matin, le petit déjeuner nous attend à notre réveil ! Et en plus, on les embête avec des problèmes de logistique : nous devons confirmer notre logement de ce soir à Taichung et celui du refuge en montagne où il est prévu qu’on randonne dans une semaine (si le temps le permet), et voilà qu’on les sollicite pour le faire par téléphone !


Mais le plus généreux, c’est de nous confier une voiture pour plus de deux semaines. Il s’agit d’une Nissan TIIDA automatique à laquelle ils ont remis de nouveaux pneus et de nouvelles plaquettes de freins « pour la sécurité » !


Après les formalités au téléphone et les dernières recommandations quant à la conduite à Taïwan, nous voilà partis sur les routes. La conduite s’avère aisée : pas trop d’encombrements, belles routes même dans les coins perdus, les gens respectent le code de la route, et on n’a pas trop de surprises avec les scooters. Mais, la signalisation reste un peu énigmatique… L’essence 95 coûte 0,90 €/l.


Le temps n’est pas terrible : le ciel est gris, l’air est chargé d’humidité et l’horizon est bouché. Il fait tiède… Notre premier arrêt : un temple sur une colline au bord de la route. Il s’agit de se décontracter après les premiers kilomètres.

"Meli-melo de dragons" 


Notre deuxième arrêt : les volcans de boue de Wushanding, à une vingtaine de kilomètres au nord de Pingtung. Il ne s’agit pas à proprement parler de volcan, mais plutôt d’une abondante source de boue qui construit en séchant des cônes dont la géométrie est identique à celle des volcans. Mais ils ne font que deux mètres de haut et la boue est froide ! Au centre des cônes, on voit de grosses boules de boue se former et éclater, et parfois projeter des éclaboussures sur les bords. Les cônes laissent échapper de sombres soupirs, et de sourds remugles…Ce curieux phénomène fait l’objet d’un parc naturel.

"Gloup, gloup"


"Bleurp" "Champ de goyaviers" 

Notre troisième arrêt (après 180 km d’autoroute et une pause « dumpling » dans une aire de service…) : le 921 earthquake museum, à une vingtaine de kilomètres au sud de Taichung. Le 21 septembre 1999, un violent tremblement de terre (7,3) a secoué Taïwan, et nous sommes sur les lieux de son épicentre, lieux qui ont subi d’importants dégâts autant humains que matériels. L’objet de ce musée est de conserver les traces de ce séisme, d’en expliquer les causes, et de développer la prévention. La visite se fait sur les lieux du jeu de failles, où d’un côté on voit les effets du séisme (soulèvement du terrain de deux mètres, immeubles effondrés) le tout à l’abri sous un immense auvent, et de l’autre, dans une construction neuve, le cheminement très pédagogique des explications du phénomène. Puis dans les salles suivantes, on explique en quoi les constructions n’étaient pas capables de résister à un tel séisme : mauvais béton, mauvais ferraillage, architecture inadaptée. Et on propose des solutions (nouveaux matériaux, nouvelles architectures). Puis, on rassemble les visiteurs dans une salle dotée de coussins et canapés, et là, on subit les 102 secondes de tremblement de terre. Et ça secoue ! Puis enfin, deux grandes salles sont consacrées à la prévention. Une autre salle fait le point sur tous les types de catastrophes naturelles : il faut bien le dire, Taïwan n’est pas gâtée entre les typhons et les tremblements de terre ! Le musée fermant à 17h, on n’a pas le temps de visiter une dernière salle.

À Taichung, on arrive au T-life hôtel à la nuit tombante. C’est une auberge de jeunesse aux chambres plutôt spartiates. Mais l’ambiance « jeune » nous va bien ! On sort dans la rue commerçante avoisinante pour manger dans un petit restau : soupe nouille vermicelles porc, raviolis frits.

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12/02


Comme on rentre tard, ce soir (22h30), on ne va pas s’étendre.


En résumé donc : grasse matinée, un peu d’administration car la météo annonce un temps pourri (neige, orage) pour la montagne en début de semaine prochaine ; alors on annule la nuit au refuge et l’ascension du Mt Yushan, la plus haute montagne de Taïwan.


Le centre-ville de Taichung, tout comme le reste de la ville, n’offre pas grand-chose. L’urbanisme, en dehors d’avoir tracé de grandes avenues, ne s’occupe absolument pas d’harmoniser les constructions, ce qui donne un air dépareillé. Et comme cette ville est vaste, pour aller d’un site à l’autre, il faut arpenter des kilomètres dans des rues sans trottoir et aux voitures/scooters qui vous frôlent. On a commencé par manger une énorme glace chez Miyahara (il est midi et ça nous fait notre repas !),

En bas : " Miyahara..." et "...ses glaces"  

puis on a longé un canal bien aménagé pour la promenade, on a traversé des quartiers où les petites maisons sont à l’ombre de gratte-ciels, pour arriver au musée des beaux-arts et à une grande galerie. Cette dernière nous a plu, alors qu’au musée – un immense bâtiment moderne - les collections sont quasiment inexistantes…. Après une traversée sud-nord à travers une succession de parcs, on retourne au T-Life hostel.


On prend la voiture pour aller au fameux festival des lanternes. Fameux, car, comme il est de coutume dans ce pays, chaque année une ville est choisie pour organiser ce festival, et cette année, c’est Taichung. On arrive sur les lieux alors que la nuit tombe. Et ce n’est pas une mince affaire, car si le GPS du téléphone nous indique la route la plus courte, c’est sans compter avec les barrages effectués par la police pour diriger le flot des véhicules qui s’y rendent. On se perd un peu (c’est à 20 km à l’extérieur de la ville), mais on finit par trouver un « parking » (payant). Le festival (gratuit) se tient sur deux sites séparés par la ligne TGV. Ces deux sites font à peu près la même surface que le parc de la Courneuve. Les thèmes des « lanternes» sont très diversifiés, et de qualité diverse aussi… Un secteur expose des scènes sponsorisées par des entreprises du pays. Les sujets font beaucoup appel au bestiaire, et on a convoqué aussi les dinosaures… Des animations de lumière sans thème particulier sont aussi très présentes. Il y a aussi de grandes scènes où se déroulent des spectacles : musique, funambules, grandes machines/insectes animées. Il y a beaucoup de monde qui se bouscule dans les allées. L’ambiance est bon enfant, et les gens achètent volontiers des objets clignotants pour les mômes.


On rentre sur les rotules (mais en voiture…).

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13/02


Temps gris et lourd.


Promenade au bord de la mer ! Près de Taichung, il reste un bout de côte qui a échappé aux usines, aux installations portuaires, aux réserves de pétrole, aux lignes à haute-tension et aux habitations : ce sont les Gaomei wetlands ! Quelques kilomètres carrés de parc naturel permettant de préserver l’estran, qui sert ici de garde-manger aux oiseaux migrateurs tellement il y a de petits crabes et autres petits poissons rampants. Une allée de planches sur pilotis permet de voir ces milliers de petits animaux de près. Au bout de la passerelle, on se déchausse et on parcourt quelques centaines de mètres, sans s’enfoncer et avec parfois de l’eau jusqu’aux chevilles. Les enfants sont ravis de voir les crabes disparaître dans la vase quand ils les taquinent. Le crabe à grosse pince, pour creuser son trou pivote autour de lui-même, avec la technique du tire-bouchon, et, comme il a une unique grosse pince (plus longue que le reste de son corps !), il faut qu’il la rentre en dernier… Les crabes multicolores se promènent toujours en groupe, et il y a des crabes extra plats qui, pour se cacher, se glissent dans la vase comme une lettre sous le tapis !


Pour visualiser cette promenade, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-marcher/gaomei-46620414


Pour aller à Lukang, on traverse une vingtaine de kilomètres dans la mégapole très industrialisée. Lukang possède un quartier ancien, à peine préservé, ainsi qu’un temple du 18ème siècle (Lungshan temple). On se promène volontiers dans de petites ruelles où il subsiste quelques maisons traditionnelles en brique. Et dans l’une de ces ruelles (qui attire beaucoup de touristes), quelques maisons sont transformées en boutiques de souvenirs ou d’objets anciens, ce qui permet de voir aussi comment en était disposé l’intérieur : une série de porches, de cours intérieures et d’habitations. On n’hésite pas à prendre une pause gateaux.


On reprend la voiture sans quitter cette immense métropole, direction : la montagne de Bouddha (Baguashan), à Changhua. Sur une petite éminence, un grand bouddha est assis dans la position du lotus. Il est censé rester serein dans cet environnement urbain…

"Polyvalent multitâches" 


"Deux visions de Bouddha ..." 

C’est en revenant à la voiture qu’on s’aperçoit de la perte de notre livre guide LP. On essaie de se rappeler la dernière fois qu’on s’en est servi : dans le bistro/pâtisserie de Lukang ! On y retourne dare-dare. Mais le patron nous dit qu’il n’a rien trouvé. Bon, on réfléchit, peut-être qu’en reprenant la voiture, comme on avait les bras chargés, on a posé le guide sur le toit de la voiture. On refait le chemin, et à un kilomètre de là, on retrouve, sur le bord de la route, une carte qui était glissée dedans, mais on ne retrouve pas le livre. Aïe !!


On retourne au centre de Taichung, au Wenxin forest park où se tient une petite exposition de lanterne. Il ne fait pas encore nuit et comme juste à côté il y a un supermarché de meubles d’une grande marque suédoise, on va y faire un tour. Et on remarque que dans les ustensiles de cuisine, il y a des baguettes, et que le rayon des animaux de compagnie est bien développé.


À la nuit tombée, on constate que les lanternes exposées ne valaient pas le déplacement.

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14/02


On avait pris nos habitudes au T-Life Hostel, un établissement genre auberge de jeunesse : se déchausser en arrivant et chausser des claquettes, se débrouiller avec le matériel mis en commun dans la cuisine, monter deux étages jusqu’à la chambre spartiate, redescendre en peignoir pour prendre la douche dans les communs, remonter pour s’habiller, chasser les moustiques, et avoir un peu de patience pour s’endormir à cause du vieillard qui râle bruyamment dans la maison voisine… et, sur le parking, ne pas se tromper de jeton pour pouvoir sortir la voiture. On quitte l’établissement avec regret car au bout du compte, l’ambiance était sympa.


Avant de quitter Taichung, on passe voir le « Rainbow village ». Il s’agit d’un ilot de maisons anciennes, perdu au milieu de terrain en friche et de chantiers d’immeubles en construction. Les façades de ces maisons ont été entièrement décorées par un vétéran à la retraite, avec des couleurs flashies où domine le rouge. Les personnages et les animaux racontent des histoires, mais on ne comprend pas lesquelles, et malgré cela, on les trouve sympathiques ! L’auteur vit encore : 96 ans. Ça a été sa façon de résister aux promoteurs immobiliers qui voulaient raser le quartier.


On attaque la montagne qui commence à l’est, au pied de Taichung. Gugang est une station thermale, enfoncée dans une profonde vallée. Des hôtels proposent des « spas » compris dans le prix de la chambre. Mais on ne fait que passer, alors on se contente de se faire nettoyer les pieds dans la pataugeoire publique (eau thermale où domine le bicarbonate de soude), par des petits poissons gourmands. Visiblement ces Cyprinions macrostomus (j’aurai dit : poissons rouges) préfèrent les pieds de JP aux pieds de Véro… Par contre, les guili-guili et les chatouilles sur la plante des pieds sont le mêmes pour nous deux.

"La pataugeoire au poissons rouges" 


" Gugang"  " Ses hôtels à spas"
en bas à droite : "Culture de champignons en serres" 

Curieusement, dans cette vallée, un peu en altitude, on voit la vrai couleur du ciel : bleu ; la grisaille a disparu et l’air est plus respirable ! On déjeune dans un bistro vietnamien. Malheureusement on doit retourner dans l’enfer urbain : autoroutes et grisaille, pour atteindre Chiayi. On a pris dans cette ville un logement airbnb que l’on trouve assez aisément bien que les explications soient en chinois…


On prend nos repères dans cette nouvelle ville, peut-être un peu moins oppressante que Taichung, mais aussi bordélique… Quelques courses dans les petites boutiques pour le repas du soir, puis on va faire un tour au Carrefour du coin (si,si !) et on y trouve des articles originaux qui n’ont pas encore cours chez nous (500 € pour un chiotte connecté, c’est pas donné ) !

"Cantonniers nouvelle génération"  "Chiotte nouvelle génération"
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15/02


On se lève tôt pour être à la gare de Chiayi à 8h : c’est de là que part le train à voies étroites en direction du parc naturel d’Alishan, dans les montagnes. Même effet qu’hier : dès qu’on s’élève un peu, les nuées disparaissent au profit du ciel bleu et du soleil ! Le petit train tortillonne dans la campagne cultivée en rangs serrés (tabac, légumes, arbres fruitiers) pour bientôt s’attaquer à la montagne. Il va mettre plus de deux heures pour faire une quarantaine de kilomètres et grimper de 1300m à travers la jungle et les forêts de bambous. À l’origine ce train a été construit par les Japonais afin d’exploiter le bois de la forêt. À présent, c’est devenu une attraction touristique ! Il se trouve que, durant tout le trajet et quelques arrêts où du monde monte et descend, nous sommes restés seuls dans notre petit wagon … Le premier train du matin ne va pas jusqu’à Alishan, mais s’arrête à Fenqihu, un village touristique qui s’accroche à la montagne. On doit compléter avec un bus (7322) Qui grimpe encore une heure…


L’entrée du parc est payante, mais à moitié prix pour les gens venus comme nous en transport en commun ! Ce parc est une vraie industrie touristique : autour du visitor center, une succession de boutiques et restau, et un peu plus loin d’hôtels. Quant aux chemins, ils sont TOUS des allées de planches sur pilotis !! Super entretenus, peints de frais, avec régulièrement des employés qui passent pour ramasser le moindre détritus. Donc ici, on peut venir sans problème avec de simples chaussures sans prendre le risque de se tordre les chevilles sur des cailloux ou glisser sur une peau de banane… (on est dans la montagne à 2300m !).

"A gauche, la poste "  " A droite, le temple" 


La forêt est magnifique, composée essentiellement de cèdres géants, aux troncs droits et à la frondaison étriquée (Chamaecyparis formosensis, espèce endémique à l’île). Le plus anciens, donc les plus grands/gros sont numérotés (une trentaine) et font l’objet d’une fiche descriptive. Et les planches (et les escaliers) vont de l’un à l’autre. Le bijou, c’est le N° 28 : 2000 ans ! 13 m de diamètre ! Des clairières sont aménagées en jardins fleuris, et on a de la chance : le printemps est en avance pour les magnolias et les cerisiers (japonais).


" Le numéro 28" 

Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/alishan-boucle-dans-le-parc-46684842


Pour rentrer à Chiayi, on prend le bus 7322. À la gare routière, il y a peu de monde à l’attendre, par contre les parkings sont pleins ! Le bus met deux bonnes heures pour arriver à la gare de Chiayi, c’est tout de même une heure de moins que le train !


On dîne à la maison : sur le chemin de la gare, un restau sert des plats à emporter et fonctionne comme un self-service, il suffit de remplir sa barquette avec du poisson, du poulet ou des légumes. C’est tellement plus simple !

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16/02


Hier, j’ai oublié de relater l’anecdote suivante. : de retour d’Alishan, on descend du bus, et on se dirige à pied vers notre logement. Au bout d’une centaine de mètres, un jeune nous rattrape, tout essoufflé d’avoir couru. Il nous tend mon petit porte-monnaie ! Il était sorti de la poche de mon pantalon dans le bus ….


Ce matin, au réveil, deux notifications sur mobile : le site météo public de Taïwan informe que deux tremblements de terre (Mg 4,5) ont eu lieu dans la région de Hualien.


On prend la voiture pour aller à Guanziling, une petite ville dans les montagnes à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Chiayi. Dans les premières montées, il y a un village bordé de restaurants qui proposent tous du poulet rôti ! Ils sont cuits à l’étouffé dans de grosses jarres. Un peu plus loin, grande animation autour d’un temple : une cérémonie se prépare.


À un carrefour, on lit le sous-titre anglais d’une pancarte : la source de l’eau et du feu. Intrigués, on fait le détour de 5km non prévus. Et là, on tombe de haut : dans un creux de la falaise, des flammes jaillissent de plusieurs orifices. Selon un panneau explicatif, cette source est une émanation de gaz naturel qui s’enflamme au contact de l’air. Rien de plus précis. C’est tout de même étonnant ! Bien sûr, il y a une légende qui explique qu’il y a un Kirin (bête souterraine ?) qui vit dans le coin, que cette flamme sort de sa bouche, mais que la source bouillante qui se trouve à 5 km de là est son urine !! Belle bête !


Si vous avez 9 secondes de patience, regardez la vidéo qu’on a faite :


https://youtu.be/ekoqsOBwLhg


Mais à Guanziling-ville, on est un peu déçu car la source en question est un vague dépotoir, entouré de tuyaux et de pompes. Un liquide gris clair, de la consistance de la pâte à crêpe, sort d’une fissure de la falaise qui borde la rivière à 85°. Cette source fait les affaires des quelques hôtels environnants qui proposent des bains de boue. À part cette activité, qui génère une prolifération de tuyaux partout, le bourg n’a aucun attrait.


Pour revenir dans le secteur d’Alishan, où on voudrait tout de même voir les plantations de thé, il faut emprunter une route qui serpente dans la montagne, dans un paysage de jungle, de plantations de curieux palmiers dont on ne sait pas en quoi ils peuvent être utiles, et de modestes bananeraies.

Lorsqu’on débouche sur la route 18, on est ralenti par un embouteillage à Chukou/Fanlu : des autocars débarquent des troupes de gens costumés, des palanquins dorés, d’énormes moulins cylindriques décorés, des drapeaux et des orchestres. De l’autre côté de la route, un important temple rassemble une petite foule, et quand on arrive à se faufiler, la cérémonie démarre. Musique, tambours, pétards, applaudissements et cris des enfants. Les cortèges de gens déguisés semblent mimer le retour des dieux dans le temple, mais ça n’a pas l’air simple : les dieux sont éméchés et ne trouvent pas l’entrée. Des gens vêtus de rouge et portant barbe longue, représentent les désirs des dieux : il faut leur rendre honneur et argent (le temple est un amoncellement d’offrandes). Des gens vêtus de jaunes défilent pour recueillir la bénédiction des dieux. Des petites saynètes se déroulent dans une chorégraphie bien réglée : un homme saoul arrose d’alcool un autre, la tête barbouillée de cendres, qui fait mine de se flageller, une grand-mère reçoit les honneurs de grands prêtres, des démons se querellent et font des cabrioles pour s’intimider, etc… Il y a plusieurs cortèges, venant probablement de plusieurs villes des environs. C’est la version locale de nos carnavals ! On s’est trouvé une place en haut du temple, un endroit idéal pour admirer la cérémonie. Et la chance a voulu que nos deux voisines nous ont expliqué les détails (moyennant des traductions via leur mobile !). Elles ont bien insisté pour affirmer que ces cérémonies sont très importantes pour Taïwan, et qu’il n’y a qu’ici qu’on peut les voir !


Si vous avez encore 6 minutes, regardez la vidéo qu’on a faite :


https://youtu.be/fxFijvYxYXQ


On reprend la route 18 pour s’arrêter, après une multitude de lacets et dans le brouillard, à Shizhuo, village à 1500m d’altitude entouré des montagnes couvertes de plantations de thé. Mais on ne les distingue pas ! On entreprend tout de même une petite rando. Et miracle : au bout d’une heure de grimpette sur une petite route étroite puis sur un chemin/escaliers de planches, les nuages se dispersent et on découvre le paysage bien rangé des plantations à flanc de collines. Le niveau des nuages a baissé et les montagnes se découpent comme émergeant d’une mer laiteuse. Parmi les rangées de thé, des cerisiers sont en fleur. Les endroits accessibles en voiture sont bondés de gens venus passer le dimanche en famille. Leurs selfies seront forcément réussis ! Il y a même un couple qui a apporté ses perroquets pour les photographier perchés sur les branches fleuries !

En bas à droite "L'école élémentaire" 


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/shizhuo-plantations-de-the-46770517


La route du retour est encombrée des vacanciers qui retournent à la ville. Alors que la température était agréable dans les hauteurs, arrivés à Chiayi, on constate que l’air y est froid et humide, et qu’un petit vent glacé en rajoute ! Avec l’aide d’un couple de jeunes, on achète des plats à emporter dans un restau archi plein où les cuisinières s’activent comme dans une ruche.

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17/02


Il y a des jours avec et des jours sans. Aujourd’hui, c’est un jour avec brouillard, mais sans anecdotes… On pensait pouvoir faire une petite rando du côté du lac « Sun Moon » (soleil et lune), mais un brouillard épais s’est installé, et même il bruine. On ne voit même pas les eaux du lac ! Par dépit on visite quelques temples, dont un dédié à un prêtre du 7ème siècle qui pendant 17 ans a fait le routard en Asie centrale et en Inde (Hé ! on aura peut-être droit à un temple, un jour !).


On visite l’église soi-disant en papier de Paper dome, non loin de Puli, mais c’est vraiment parce qu’on s’ennuie… Dans cette église, seuls les colonnes et les bancs sont en papier recyclé.


Quant à Puli, il n’y a vraiment rien à voir. Le rond-point central est occupé par une pyramide recouverte de jouets recyclés. On erre dans les rues, on visite des boutiques, on goute au thé d’Alishan, et on va sur le lieu où se trouve le centre de Taïwan : un simple rocher gravé fait l’affaire.


À midi (ou plutôt 14h) on mange une soupe de nouilles, et le soir, on dîne un genre de self où on n’a pas besoin de s’expliquer : dans cette ville peu de gens parlent anglais.


On dort au Mid town hôtel en centre-ville comme son nom l’indique. Confort standard clean pour un prix modique : 23€. Le lit fait tout de même deux mètres de large ! Et breakfast inclus.

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18/02


Petit dej au B-1 de l’hôtel. Beaucoup de plats proposés avec abondance : légumes en sauce, nouilles, viande en sauce, soupe, etc…. Cela aurait été possible pour midi ou ce soir, mais là, ce matin, on se contente de pain de mie/confiture et des bouchées légèrement sucrées cuites à la vapeur. On avait pris le café et le thé au réveil dans la chambre…


Le ciel est dégagé et on voit les montagnes autour de Puli. Mais il fait encore un peu froid : 12°. On retourne au Sun Moon Lake. Il est entièrement dégagé. On débute la rando du jour à 11h. Dés le départ, ça grimpe fort par un escalier de pierres taillées, et qui se poursuit par un escalier de traverses de bois vermoulu et super glissant. On est obligés de marcher à côté ! Puis le chemin/escalier se transforme en sentier glaiseux et pentu. Une grosse corde aide dans les passages délicats. On fait une belle randonnée dans les bambous géants. Malheureusement, nous sommes partis trop tard pour compléter la rando jusqu'à son terme, le Mt Shuishe, 2059m. Nous avons parcouru les premiers 3,75 km du sentier sur les 5,4 km pour atteindre le sommet, et effectué un dénivelé de 780m sur les 1310m pour atteindre le sommet. On piquenique sur une plateforme avec une belle vue sur la jungle qui s’accroche à la montagne.


Alors qu’on décide de revenir sur nos pas (14h), une petite dame sort de la forêt, revenant du sommet. Et la descente se fait avec elle, en échangeant quelques propos en anglais. Elle nous apprend que son neveu travaille à Toulouse et qu’elle a été le voir il y a peu !


Pour visualiser cette rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/mt-buji-vers-le-mt-shuishe-46845334


De retour à la voiture, on fait le tour du lac, alors que le soleil se couche. On arrive la nuit tombée à notre nouvel hôtel en pleine nature dans la banlieue de Puli, le Qilin Valley. Quand on arrive, il n’y a personne à la réception, et dehors il y a un chien qui nous saute dessus !! Une dame surgie de nulle part nous enregistre après quelques quiproquo solutionnés grâce à son mobile qui parle français une fois qu’elle a parlé dedans en chinois !

On repart en ville trouver un restau : on est tenté par un « hot pot » et on n’est pas déçus. Il s’agit de faire bouillir un bouillon sur un petit réchaud, et d’y plonger tous les petits ingrédients qu’on nous a joliment préparés : légumes, boulettes, œuf, poulet. On s’est régalé !

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19/02


La route pour aller de Puli à Hualien (la 14, puis la 8) est une route de montagne. Il faut passer un col à 3275 m ! C’est une route sinueuse où la vitesse est limitée à 40 km/h voire 30. Parfois on ne peut pas se croiser tellement elle peut être étroite : falaise d’un côté, ravin de l’autre. C’est une route très prisée par les touristes et il y a du monde ! La route depuis Puli jusqu’au col traverse des parcs d’attractions et plusieurs stations de villégiatures aux maisons démesurées et parfois kitchissimes.

Il fait grand soleil, mais vers le col il fait suffisamment froid pour que le moindre ruisseau soit bordé de glaçons, alors les gens s’arrêtent pour faire des selfies avec ces glaçons en arrière-plan…Au col, les arbres ont disparu pour laisser place à ce qu’on croirait être de loin des alpages en herbe, mais qui de près est une forêt de bambous nains !


Lorsque l’on passe le col, on entre dans le parc de Taroko, réputée pour ses gorges. Déjà au loin vers l’est on aperçoit la mer de nuages qui absorbe les vallées et enrubanne les sommets. La descente dans les gorges est assez problématique : ce versant de la chaine de montagne est beaucoup plus abrupte, les croisements sont délicats, et les lacets sont très serrés. Et, il faut le dire, les gens d’ici ne sont pas habitués aux routes de montagne ! Bref, souvent on fait du 20 à l’heure…


Arrivés au site des gorges de Taroko, on s’arrète au km 166 : c’est le départ d’un court sentier (Wenshan trail) qui descend dans le plus profond de la gorge pour mener à une source d’eau chaude, et où ont été aménagés avec des galets de petits bassins. Mais bizarrement après le petit pont suspendu, les dernières marches de l’escalier qui menaient aux bassins ont été détruites laissant en place un plan incliné de 45°, creusé dans la falaise, et à vrai dire un peu vertigineux… Il y a des gens qui se baignent en contre-bas, mais Véro hésite, et préfère ne pas descendre ce passage délicat. Je descends tout en empoignant la corde fixée à la paroi par des pitons.

Parvenu au niveau de la rivière, je mets mon maillot et m’allonge dans l’eau d’un bassin. La source d’eau qui sort de la paroi de marbre est brûlante, mais dans les bassins elle se mélange avec l’eau froide du torrent ce qui fait qu’on a les pieds au chaud, mais qu’on garde la tête froide ! C’est assez agréable, et le paysage est incomparable ! À dix mètres en aval, a été creusée dans la falaise (en marbre !) une vaste baignoire disposant, elle aussi, d’une arrivée d’eau brulante ; mais là pas de torrent pour la tiédir ! On est quasiment cuit au bout de trois minutes ! À cet endroit la gorge est très étroite, la rivière a poli le marbre bleuté sur des hauteurs considérables. Même les empereurs romains n’auraient pu imaginer une baignoire en marbre aussi gigantesque !!

On traverse les gorges dont on n’aperçoit que quelques lambeaux, car la nouvelle route est pratiquement une succession de tunnels. Et il y a encore des travaux de Titans pour consolider la montagne. L’un d’eux nous oblige à poireauter une demi-heure dans un des tunnels…


On arrive à Hualien, près de la gare, vers 17h, et là, un vrai jeu de piste nous attend pour trouver le studio qu’on a réservé, puis élucider les messages énigmatiques du propriétaire décrivant les modalités d’y entrer…


On dine à l’autre bout de la ville, au night market. Hualien est une ville importante, et on marche une bonne demi-heure avant d’y arriver. On est surpris par la taille de ce marché de nuit, installé entre le bord de mer et un petit parc d’attraction et le marché. Il y a bien cinq cents boutiques de bouffe collées les unes contre les autres, avec pour la plupart un espace aménagé avec de petites tables. On choisit un repas de poisson (cuit au gros sel) et des crevettes sautées. Délicieux !

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20/02


Journée consacrée à visiter les gorges de Taroko. Elle commence par un temps magnifique et se termine sous la pluie ! On se lève tôt car il faut arriver dans certains sites avant les bus de touristes. La plupart des sites offrent des points de vue sur les gorges, mais certains ne sont pas pourvus de parking ; mais si on vient assez tôt, on peut trouver des endroits où se serrer contre la falaise sans gêner la circulation. Mais il faut bien dire que les sentiers officiellement recensés dans le livret du parc, ne sont pas tous accessibles, fermés pour cause d’insécurité ou de travaux… Malgré cela, on passe la journée à se balader d’un site à l’autre, 500m par ci, 2km par là !


Les gorges ont été creusées par la rivière Liwu qui traverse sur une vingtaine de kilomètres des couches de marbre positionnées verticalement... Pour la faire courte sur l’origine de ces marbres, il faut revenir au début de cette formation géologique qui remonte à 230 Millions d’années. À cette époque, dans une mer calme et moyennement profonde se sont déposés des sédiments calcaires (squelettes d’organisme marins, et précipitation chimique de sel calcaires) et ce pendant des millions d’années. C’est un phénomène universel qui a donné par exemple en France un peu plus tard le Jura. Mais à la différence du Jura, les couches de calcaires de Taroko, ont été recouvertes par une autre série bien épaisse de sédiments, plutôt argileux (ces couches font des kilomètres d’épaisseur…). Ce qui fait que les calcaires, se sont retrouvés compressés, subissant une pression extrême et une forte chaleur. Mais ce n’est que récemment (6 millions d’années) alors que la plaque Philippine rencontre la plaque Eurasienne que ces couches sédimentaires indurées se retrouvent bousculées, émergées et quasiment positionnées à la verticale ! L’érosion depuis a fait son œuvre. Le marbre étant une roche plutôt dure et compacte, la formation a été taillée verticalement sur la largeur de la rivière. On nous explique sur les nombreuses pancartes explicatives que d’un côté la collision entre les plaques fait émerger l’ile d’un centimètre par an, mais que l’autre, l’érosion la rabote d’un demi-centimètre par an …


Il y a plusieurs endroits incontournables : les « neufs virages », la « grotte des hirondelles » (Yanzikou), Bayan et son « rideau en eau ». Alors, cette dernière est assez exceptionnelle ! il s’agit d’un petit tunnel creusé dans le marbre, et qui traverse une faille, laquelle déverse une importante quantité d’eau. Un véritable rideau ! Si on se pose la question de savoir ce qu’il se passe dans la montagne lorsqu’on rencontre une source, ici, on a une partie de la réponse !


En fin d’après-midi, la vallée s’encombre de nuages et la pluie se met à tomber alors qu’on gravit les marches du Changchung temple trail (= sentier du temple de la source éternelle !).


Retour au studio vers 18h.

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21/02


Temps maussade, ciel gris, 20°.


Au nord de Hualien, après avoir traversé la rivière Liwu qui a creusé les gorges de Taroko, la montagne tombe presque à pic dans l’Océan Pacifique. Alors, il a fallu réaliser des kilomètres de tunnels pour relier Hualien aux villes du nord par la côte. Pareil pour le train. Ce sont les falaises de Qingshui. Elles font partie du parc de Takoro. Malheureusement, et comme pour la moitié des chemins à l’intérieur du parc, ceux prévus pour mener au bord de mer sont fermés au public. Frustrant !


À Huide, on trouve tout de même le moyen de descendre au bord de mer sans trop prendre de risques. D’ailleurs c’est le chemin qu’empruntent les pêcheurs ! Une petite rivière a créé une entaille dans la falaise, permettant la présence d’une plage. Il y a surtout des galets et de gros rochers arrondis.


Pour visualiser cet itinéraire, suivre le lien :

"Les peintres à l’œuvre"  "Les dents de la mer" 


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/huide-plage-46940570


On pousse jusqu’à Heping (grâce aux nouveaux tunnels qui doublent les plus anciens). C’est une ville industrielle où est installée une immense cimenterie. Comme on est à proximité d’une gare, on en profite pour réserver les places dans le train du retour à Taipei. Le gars du guichet est un peu perdu par notre demande ; du coup il appelle un jeune qui est ravi de parler anglais !

"Un cimetière chrétien" " Belle plage !!!" 


On retourne dans les gorges de Taroko, pour aller piqueniquer dans la belle petite vallée tributaire de la Liwu, Shakadang. Les occupants Japonais y ont taillé un chemin à flanc de montagne pour les besoins d’une centrale électrique.



Retour vers Hualien par des plages de galets : ils proviennent de l’érosion des gorges. À Hualien, le marché de nuit se met en place : sur un étal, il y a des huitres géantes, grandes comme la main !

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22/02


Journée Road trip. On parcourt un peu de la Côte Est, puis un peu de la « East Rift Valley », la vallée encastrée entre les deux chaines de montagnes Nord/Sud de l’île : celle qui borde l’Océan Pacifique, et celle, centrale, qui a les plus hauts sommets (+3800m). Le temps est très changeant : on part le matin avec un petit soleil, une heure après, l’horizon est bouché, puis rapidement, ça dégénère en grosses averses, Puis les nuages se réfugient sur les hauteurs, laissant la place au soleil qui va nous cuire littéralement jusqu’à 16h, où il se remet à pleuvoir. On termine la journée avec un ciel couvert.


La côte au sud d’Hualien est moins abrupte qu’au nord : ça laisse la place à des cultures, vergers, rizières. On s’arrête pour observer la machine à planter le riz. Dans la culture traditionnelle du riz, le travail est entièrement manuel : on sème séré les graines dans un coin de la rizière et quand il est levé, on le rassemble par touffes, puis on va le repiquer brin par brin dans la rizière. Avec la machine, il faut semer séré le riz dans une pépinière particulière pour qu’il puisse être conditionné comme les plaques de gazons qu’on trouve chez nous. La machine va pouvoir happer chaque brin et le planter. Mais comme il y a des trous et des coins, des gens repassent derrière pour les combler à l’ancienne.

"La mécanisation ne fait pas tout !" 


"Ici, on ne manque pas de granite !"  "Epouvantails" 

Pour voir cette machine, suivre sur le lien :


https://youtu.be/kVIfEbjiouQ


Le site de Shitiping est étonnant : de très anciens dépôts volcaniques se sont empilés ici, en différentes couches plus ou moins dures. L’océan les a attaqués, dégageant des formes originales.


"Le terrain de camping de Shitiping" " La végétation de la côte" 

Un peu plus au sud, on visite un site de grottes, fabriquées par les assauts de l’océan, puis habitées par des hommes préhistoriques il y a 30 000 ans. Ce qui est original dans ces grottes c’est qu’elles se superposent dans la falaise : avec le temps, la falaise s’est élevée du fait de la poussée tectonique, et à chaque fois l’océan a recreusé un nouvel espace.


Puis on traverse la chaîne de montagne côtière pour atteindre RuiSui, dans la vallée du rift. Pour cela, il faut passer deux fois le Tropique du Cancer, avec les monuments qu’il faut pour marquer ces lieux géographiques.


À Ruisui, il y a de nombreuses sources d’eau thermale. Les hôtels proposent des spas plus ou moins luxueux. On choisit d’aller à l’établissement Jui-Sui Mineral spring (en haut, à droite dans la mosaïque) . C’est un établissement modeste, ancien (1919) possédant quatre bassins collectifs et une vingtaine de cabines individuelles dotées de baignoires. Les quatre bassins ont des températures allant de 46° à 20°. Pour 200 TWD/p (6€) on peut y rester le temps qu’on veut. L’eau est très minéralisée, brune, au goût marqué légèrement acide. On ne reste pas plus de trois minutes dans le bain très chaud. Lorsqu’on se met à tremper dans le bain tiède, on noue conversation avec une dame accompagnée de deux enfants. Elle nous explique comment utiliser les différents bassins. Puis on parle des enfants : ils n’ont toujours pas classe : la rentrée est encore repoussée d’une semaine à cause du virus. Il se met à pleuvoir des seaux alors qu’on est dans le bain chaud. Ce n’est pas grave, on est déjà trempé !


En fin d’après-midi, on reprend la route à travers les champs d’ananas, de thé, de bananiers, de rizières, etc. Cette vallée est un véritable grenier pour l’île !


On arrive à Taitung à la nuit, après une route où la vitesse est limitée à 60 km/h, avec des policiers qui surveillent au radar… On emménage au Tiin Inn Hôtel vers 19h, un peu fatigués, autant par les hot springs que par le trajet plan-plan. Et la conduite de nuit ! Repas au marché de nuit bien animé qui est juste à deux blocs de l’hôtel.

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23/02


Impossible de dormir correctement dans cette chambre d’hôtel : la fenêtre, absolument pas isolée, donne sur une grande artère et juste à un feu rouge. Réveillés par les pétarades des scooters, les poids-lourds qui démarrent, les camions-poubelles qui couinent, … Après le petit dej pris dans le minuscule coin salon partagé, on va à la réception pour demander à changer de chambre. Le gars s’excuse pour la gêne et nous en trouve une qui donne sur l’arrière de l’immeuble.


La journée s’annonce humide et avec un plafond bas : les montagnes qui entourent la ville sont à moitié sous les nuages. Et il bruine ! On fait une virée en voiture, à défaut d’une rando. On traverse quelques paysages contrastés dans la « Rift valley » : des plateaux emportés par pans entiers par les rivières lors des saisons des pluies, des plaines déjà inondées pour accueillir les plants de riz, les montagnes abruptes où la route fait 1000 lacets pour les grimper. Malheureusement, arrivés aux sommets, on est dans un épais brouillard … Exemple : la Montagne aux Soixante Pierres (六十石山金針花海) où l’on est censé voir une mer de fleurs jaune or. Mais de toute façon, ce n’est pas la saison !!


Déjeuner dans la plaine de Chishang : près d’un silo à riz, l’association des fermiers de la région propose des repas aux touristes, et la vente de produits locaux. On fait un mixte entre un plat au poulet à emporter et une salade qu’on avait préparée, et on déjeune au milieu d’un parterre de fleurs.


Du côté de la côte pacifique, le temps est encore pire car la chaine de montagne bloque les nuages qui viennent de l’Est, et il pleut… sauf quand on visite le site de Sanxiantai : un beau pont piétonnier aux huit arches qui relie une petite île à la terre.


Le ciel se charge de grosses nuées sombres : à 17h, on se croirait presque à la nuit. Retour à Taitung, où on est un peu déçus : il n’y a pas de marché de nuit le dimanche et de plus, les petits restaus remballent leur boutique ! Du coup, on mange des soupes de nouilles en boites en carton achetées dans un 7/11. Mode d’emploi : vider les petits sachets de produits lyophilisés sur les nouilles, verser de l’eau bouillante dans le bol, fermer l’opercule et attendre 3mn. Ben finalement, ce n’est pas si mauvais…

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24/02


Le sommeil a été de meilleure qualité ! Quoique : vers 2h du matin, à la chambre 303, une scène de ménage a éclaté, cris et portes qui claquent. Décidément…

Ce matin, la pluie tombe dru. On traîne à l’hôtel…


Vers 10h, il ne pleut plus, alors on s’engage sur la N11 vers le nord en longeant la côte. Le port de Fugang est plutôt mort, seuls quelques coups de marteau dans le chantier où on répare de vieux bateaux rouillés. À peine un kilomètre plus au nord, le site de Xiaoyeliu (Petit yeliu) permet de voir un bord de mer aux formations rocheuses étonnantes : l’océan sculpté des formes dans les terrasses de grès et les couches de coraux qui les recouvrent, chacun pouvant imaginer des personnages ou des animaux selon son humeur.


Enfin le soleil est revenu ! Mais il ne faut pas se réjouir trop vite : il est tellement ardent, qu’il faut vite trouver de l’ombre ! Les gens du coin eux ont compris : ils gardent le parapluie sous la main ! Léger piquenique.


Le bord de mer est assez agréable à voir, bien qu’il n’y ait pas de plages : trop de rochers, trop de courants. Mais des espaces de repos/piquenique ont été aménagés, avec des sculptures originales pour compléter l’horizon. Sur le bord de la route, des vendeurs de fruits proposent leur production : on s’arrête pour acheter une pomme-cannelle (ou anone) (grosse comme un melon !).

"Land art"  "Anones"


Visite d’un site original : « Water running upward » (= l’eau qui monte). Il s’agit d’une arnaque visuelle, ou d’un trompe-l’œil en 3D. Ça ne rend pas grand-chose en photo mais ça vaut le coup d’œil : un petit canal presque horizontal débite de l’eau à côté d’une route et d’un parapet qui eux descendent. Mais la configuration des lieux fait que notre cerveau pense que c’est la route et le parapet qui sont horizontaux, et que donc c’est l’eau qui « monte » dans le petit canal. L’effet est renforcé par un petit vent qui forme dans le petit canal des vaguelettes allant à contrecourant !!


Retour sur Taitung. Sur le bord de mer qui confine avec l’embouchure de la grosse rivière qui érode la « Rift valley », des pêcheurs sont venus en voiture 4x4 sur la plage de sable, et ont posé leurs lignes, les hameçons lancés au loin dans la mer. L’un d’eux a fait plus fort que ses concurrents : il ne se risque pas au lancer, mais il s’aide d’un drone qui emporte hameçons, appâts, et plombs et entraîne le fil au loin, bien plus loin que peut le faire un lancer, puis il commande au drone de lâcher le tout et celui-ci revient voir son maître !

"Pêche au drone" 


On va faire du repérage sur le site des sources chaudes de Jhihben (ou Zhiben) : on trouve un endroit où se délasser demain matin.


Repas de délicieuses nouilles de riz au « Rong Shu Xia Rice Noodles ». Puis dans la chambre d’hôtel, on se régale avec la pomme cannelle et des gateaux au chocolat …

Au hasard de la route :

"Un hôpital"  "un épouvantail (?)" 
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25/02


On se lève assez tôt : on va aux hot springs de Zhiben. On pense que plus on y va tôt, moins il y aura de monde. Or lorsqu’on arrive au Dong Tair Spa Hôtel (東台溫泉飯店), le dernier établissement avant le parc forestier, il y a déjà du monde ! À gauche de la route, il y a l’hôtel pour ceux qui veulent passer la nuit et avoir leur bain privé ; à droite, ce sont les bains communs. L’entrée est à 300TWD/p (9€). On doit avoir un bonnet sur la tête. Ils en fournissent moyennant $. Ces bains communs, en plus d’être situés au fond d’une belle vallée verdoyante, proposent deux grands bassins (25m x 20m et 20m x 15m), plusieurs petits bassins et un sauna (66°).

"Grand bassin"  "Moyen bassin" 

Dans le plus grand des bassins, on peut nager (eau froide), et tout de suite se réchauffer, dans deux parties alimentées en eau chaude (32 et 35°). Dans l’autre, en plus du bain (35°), on peut faire le tour de plusieurs types de jets : diverses sortes de bulles et divers jets d’eau sous pression. Et enfin, des bains de chaleurs échelonnées : 37°, 38,5°, 42° plus un dont le thermomètre est cassé, mais on devine sur l’affiche en chinois qu’il ne faut pas y rester plus de cinq minutes… (il n’y a pas un mot en anglais, il faut tout deviner, mais on y parvient !).

"Encore le grand bassin" "Des petits bassins bien chauds" 

Donc on paye au guichet, on passe les tourniquets, on descend au sous-sol où sont les vastes salles (hommes femmes séparés) de déshabillage + douche, (en cabines individuelles), on prend son petit panier pour y mettre ses affaires, on remonte au niveau bassins pour se choisir une table et des chaises, et on va barboter. Les gens sont d’abord surpris de nous voir débarquer, puis ils nous sourient et nous font de la place. L’eau est un peu sulfureuse. Elle donne à la peau un petit velouté. On fait le tour de toutes les modalités proposées. On note que la pression des jets d’eau est plus forte que celle des canons à eau de la police (c’est pour rire…). On reste plus d’une heure dans ce centre de thalasso, bien qu’il y manque les massages… On y termine notre petit déjeuner. Et, touche finale, tandis que Madame se sèche les cheveux dans la vaste salle « sèche-cheveux », Monsieur va se faire cuire 4 œufs dans le bassin had hoc à 70° !

en bas à droite : "Le sauna" 

Route vers la pointe sud de l’île de Taïwan. À la sortie de l’agglomération de Taitung, l’étroite plaine entre mer et montagne est un véritable verger : anones, fruits du Dragon (ou pitaya), mangues (ce n’est pas la saison), etc…


Plus au sud, la montagne se rapproche de la mer ne laissant aucune place aux cultures et à peine pour le route et le chemin de fer. À un moment, la route est barrée : deux militaires à la mine sévère nous intiment l’ordre de nous’arrêter et de rejoindre d’autres véhicules parquées sur le côté. Question ??? On va voir des jeunes (les seuls susceptibles de parler anglais…) il faut attendre que les militaires nous donnent le feu vert pour repartir. On constate qu’on est dans une zone militaire, avec des avions de chasse à l’exercice… On reprend la route sinueuse assez vite. Traversée d’une zone de dunes. La route est assez longue, s’écarte du bord de mer, et serpente entre des montagnes recouvertes de végétation impénétrable (sauf pour les petits singes).

On rejoint Hengchun, et on trouve l’hôtel Come inn² assez rapidement. Le gars de la réception, tout sourire et l’anglais bien plus parfait que le nôtre, nous propose au troisième étage (le deuxième chez nous) une belle et grande chambre sur la rue, et nous assure qu’on n’aura pas de bruit. Au sixième étage (qui correspond chez nous au quatrième étage) le gars de la réception nous explique le fonctionnement de la machine à laver. C’est très simple, il y a deux boutons à appuyer, les autres on ne s’en occupe pas ! En redescendant avec l’ascenseur, on lui demande pourquoi il n’y a pas de quatrième étage dans l’immeuble. Il nous explique que « quatre » et « mourir » se prononcent de la même façon (Sǐ), alors ici on préfère supprimer le quatrième étage !


On sort se promener dans la petite ville qui est une des rares à posséder des témoignages du passé : des murailles démolies et des portes aux quatre points cardinaux. Le reste du centre-ville a une atmosphère paisible, et des petites rues tranquilles.

On mange dans un restau où on comprend à peu près ce qu’il s’y passe : on choisit des portions de viandes (poulet, canard, cochon, etc) qu’on pose dans un plateau, un gars s’en empare et débite le tout en petites lamelles, on paye, on va s’assoir et un gars nous apporte en plus du plat de viande deux grands bols de soupe aux vermicelles de soja. On se régale. Quand on rencontre des os, il faut les cracher sur la table et non les remettre dans son assiette ou son bol (savoir-vivre local).

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26/02


On a bien dormi dans notre grande chambre de 20m² et notre grand lit d’au moins 4m² ! Petit dej dans la chambre avec quelques viennoiseries qu’on a trouvées dans une « bakery » hier soir. Le ciel est bleu, et le soleil déjà bien ardent.


Le site du « Feu sorti de terre » est juste à la sortie Est de Hengchun. Il s’agit du même phénomène qu’à Guanziling : du gaz naturel qui s’échappe par des fissures du sous-sol et qui s’enflamme spontanément. Les flammes sortent de cinq ou six endroits confinés dans un espace limité par un cercle de petites chaines. Les plus grandes font 30cm de haut. Le site a été découvert par hasard lors de travaux qui ont bouleversé une épaisse couche d’argile et qui ont révélé cette nappe de gaz. Des panneaux explicatifs affirment qu’elle n’est pas exploitable.


On improvise un circuit en voiture faisant une boucle dans la péninsule sud de l’île de Taïwan et qui constitue le parc naturel de Kenting. On passe par Gangkuo où on traverse une rivière sur un pont suspendu de 200m pour aller voir une baie.


On ne manque pas le site de Jialeshuei, : il est payant, car pour le visiter on doit emprunter le petit bus qui longe la côte sur deux kilomètres. On retrouve les formations de Xiaoyeliu, avec d’autres formes bizarres, bien sûr.


On passe par le « point extrême sud » de l’île de Taïwan, où un modeste monument en témoigne. Un jeune équipé d’une guitare et d’une petite sono chante des complaintes aux touristes qui passent sans provoquer beaucoup d’émotion…


Autant les bords de mer de la côte est sont inhospitaliers et peu propices aux jeux de la mer, autant ceux de la côte ouest offrent quelques plages de sable abritées. Tous les sports sont présents bien qu’il y ait peu de pratiquants en cette saison : nage, pongée, surf, jetski, quad etc… Les petites bourgades qui s’égrènent sur une dizaine de kilomètres sont plutôt alanguies : c’est la morte saison. Ces stations sont plutôt coquettes par comparaison aux autres villes. À noter que le moindre parking officiel est payant… alors les gens se garent… ailleurs.


On rentre assez tôt à Hengchun, car le temps est devenu très lourd, la moindre promenade provoquant des suées et des chaleurs insupportables.


On passe la fin d’après-midi à errer dans les rues de la ville, puis à la tombée de la nuit, on retourne voir le site du « Feu sorti de terre » : ça n’a rien à voir avec la vision qu’on en a eu ce matin ! Au fur et à mesure que la lumière du jour s’éteint, on perçoit une multitude de petites flammes bleues à côté des principales émissions où les flammes sont jaunes !

"Promenade sur les remparts d'Hengchun" 


À noter que de grands panneaux indiquent qu’il est interdit d’y faire des BBQ, d’y jeter des pétards ou d’y allumer des feux d’artifices, quand on arrive sur le site, des familles s’adonnent avec joie à ces diverses activités, et mieux : sur le parking une type dans sa camionnette propose de quoi les faire, pour peu qu’on ait oublié sa poêle à frire ou ses pétards…

en bas à droite "Les flammes du matin" 


En revenant, de cette promenade en dehors de la ville, on constate que les petits restaus baissent le rideau ! On est contraints d’aller acheter des bols de nouilles lyophilisées pour les « déguster » à la « maison »…

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27/02


Ciel couvert, 25°, averses et bruine.


On hésite sur le programme de la journée. On se décide pour une petite rando dans le parc national de Kenting. Le premier visitor center propose une intéressante expo SVT. L’entrée du parc est à 6km de là, parking et entrées payants. Des chemins (bétonnés ou pavés) traversent le parc qui se révèle être un vaste arboretum où sont regroupés par parcelles des espèces d’une même famille, complété par un parcours qui associe espèces et géologie. On ne peut pas aller au-delà de ces parcelles : c’est tout de suite la vraie forêt impénétrable ! Le circuit complet fait tout de même 6 km ! Sous un crachin bien pénétrant… On piquenique au deuxième visitor center où un petit restaurant sert des french fries !


Pour visualiser cette petite rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/kenting-nl-park-47214857


Ça crachouille toujours un peu, on est bien mouillés, alors on se réfugie dans un 7 /11. Notre pause-café est rythmée par les ding-dong du va-et-vient des gens. La bruine cesse, on entreprend de visiter le site du phare d’Elundi. L’originalité de ce phare, qui a plus d’un siècle, est d’être entouré de remparts et d’un fossé. Cette précaution toute militaire a été prise par les constructeurs chinois, puis japonais, pour le sécuriser des populations autochtones qui leur étaient hostiles. Autour de ce phare, un parc est aménagé, permettant d’accéder au bord de mer, bien caché sous une épaisse végétation.


"Mode d'emploi dans les toilettes du parc" 

On termine l’après-midi par la visite d’un immense temple, où les gens se prosternent tout en se prenant en selfies, et celle du petit marché contigu : sur la photo, une marchande d’œufs, cuits d’une dizaine de façons différentes, dont une qui les rend tout noir à l’intérieur ! Certains sont emballés avec précaution comme si c’étaient des truffes…

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28/02


Le soleil est là, mais l’air est très moite et on est en sueur au moindre mouvement. Lorsqu’on quitte l’hôtel, il n’y a personne à l’accueil… On longe la côte assez inhospitalière jusqu’à Fangliao. On est surpris de voir que dans l’autre sens, il y a beaucoup de monde pour descendre vers le sud. À Taïwan, le 28 février est férié : il commémore un tragique massacre commis en 1947 par le KuoMinTang au pouvoir (période appelée ici « la terreur blanche »). C’est donc un pont de trois jours et les familles se précipitent sur les plages du sud. On est sur une route à quatre voies, et les municipalités ont libéré une des 2 voies vers le nord pour l’ouvrir à ceux qui descendent vers le sud, en neutralisant les carrefours. Ce qui complique la circulation dans les rares carrefours restants : embouteillages !!!

"Le Bon"  "La Brute" et "Les Truands" 


On fait une pause à Fangliao, un important port de pêche artisanale. Peu d’animation autour du port, en ce jour férié. On y prend un petit en-cas dans un restau populaire.


On est attiré par un parc naturel en bord de mer : Dapeng bay. Des bâtiments grandioses, une route déserte à 2x2 voies faisant le tour d’un étang de 5 km, sans parking, des parcs d’attraction fermés… On trouve tout de même un endroit avec un point de vue pour observer les rares oiseaux des marais. Pour le coup on est déçus. Et ce d’autant plus que, depuis Fangliao, on est entré dans une zone mi-urbaine mi-industrielle où se glissent quelques vergers de manguiers, et quelques rizières. Et la suite est pire encore : sur une vingtaine de kilomètres on traverse une multitude de raffineries, d’usines d’industrie lourde et d’entrepôts de containers. Et bien que ce soit jour férié, il y a de l’activité.


On atteint Kaohsiung, plus précisément Qijing, la plage de détente de la mégapole. Il y a tellement de monde qu’on ne peut même pas se garer ! Les photos ont été prises à 5 km de là, à la limite entre la zone industrielle et les premières habitations, seul endroit où on a pu trouver une place…


Pour revenir à Pingtung, chez les parents d’A., il faut retraverser la zone industrielle et se perdre dans les échangeurs d’autoroute… On arrive tout de même à l’heure de notre rendez-vous. On retrouve la tante, l’oncle et la grand-mère, Nous accueillant toujours avec générosité et sourires ! Ils nous ont préparé un repas goûteux, et on a découvert un dessert qui s’apparente au milkshake complété par des petites boules ressemblant à des myrtilles mais qui sont des « perles » à base de farine de patate douce.

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29/02


Nous sommes invités à un mariage ! C’est un lointain cousin de nos hôtes. On essaye de faire bonne figure : on troque nos habits de routards/randonneurs contre deux jeans et deux chemises restés au fond des valises depuis un mois. Mais on nous dit de ne pas nous inquiéter, c’est un mariage simple. Cela se passe à Chiayi. Donc on monte dans la voiture du père d’A. avec la tante, l’oncle et la grand-mère. On passe dans une station-service pour faire le plein et pour laver la voiture… La route est longue, alors on passe le temps à s’amuser avec les traducteurs de langue des mobiles qui ne sont pas très fiables. Arrivés à Chiayi, on passe à la gare où nous attend la jeune sœur d’A..


Le mariage se déroule dans une grande salle prévue pour les réceptions non loin de la gare. On y arrive à midi pile, heure du rendez-vous. Comme tout le monde arrive en même temps, c’est un peu l’embouteillage et compliqué pour trouver une place de parking. Pour entrer dans la salle, il faut d’abord passer le contrôle sanitaire : un coup de révolver/thermomètre sur le front et un coup de jet de solution alcoolisée sur les mains. Il y a une vaste antichambre avant la salle : une grande table, quelques fleurs et décors, et des filles assises pour réceptionner les « enveloppes rouges » et présenter le grand cahier où le donneur d’enveloppes doit calligraphier le nom de sa famille (les enveloppes rouges sont remplies de billets, et leur contenu est vérifié et noté sur un registre par la secrétaire du mariage). Puis on entre dans la salle. C’est une grande salle occupée par une cinquantaine de tables rondes, avec chacune dix chaises. La table d’honneur destinée aux mariés et leurs parents se distingue par une nappe violette. Elle est placée juste devant un large podium, quelques fleurs, avec pour fond, un large écran (8x6m) sur lequel défilent des photos des époux. Musique de variétés, spots lumineux qui tournicotent.

" Les enveloppes rouges"  "Le plan de table" 


Les tables se remplissent, les invités sont de tous âges. À une table côté de nous : un grand-père de 93 ans, et à une autre un bébé qui tient à peine dans sa chaise haute. Tout le monde semble se connaitre et se congratule, seules deux ou trois personnes s’enquièrent pour savoir qui nous sommes… À notre table il y a quatre personnes, et l’oncle s’évertue à nous expliquer qui est qui. On dessine un petit arbre généalogique sur un bout de papier car le point commun de tous ces gens, c’est la fratrie du grand-père. Une fois qu’on a compris où placer notre interlocuteur sur l’organigramme, on lève les fesses de la chaise en faisant une petite courbette et en tendant son verre (rempli de thé froid).


Distribution de bonbons aux enfants ; à l’écran des photos des mariés en tenue de cérémonie, dans des postures diverses et dans des cadres variés…Et à midi et demie, la lumière de la salle s’éteint, alors le défilé peut commencer : au milieu de la salle, une allée de carreaux de lumière se dirige vers le podium. C’est une estrade qui sort du plancher et s’élève de cinquante centimètres. Puis, comme pour un défilé de mode, passent successivement les demoiselles d’honneur et les proches parents sous les applaudissements et le feu des projecteurs. Le marié arrive bras dessus, bras dessous avec sa mère, la mariée pareil avec son père. Applaudissements nourris. Ils restent un moment à échanger (probablement des vœux de bonheur) et comme ils achèvent le parcours sur l’estrade lumineuse pour rejoindre la table, éclate un feu d’artifice … sur l’écran, accompagné d’une musique assourdissante! Une courte prière (enregistrée) fait taire l’assemblée.

"L'estrade lumineuse"  "L'écran géant" 

13 h. Il est temps d’attaquer le repas ! Sur chaque table, des boissons de thé sucré, de « grenadine » et une seule bouteille de bière « Taïwan classic » 60cl. Mon voisin s’est attribué le rôle de serveur personnel et remplit mon verre de bière dès que celui-ci est vide.


Le menu est long comme le bras. Arrivent à cadence accélérée la soupière remplie à ras bord de bouillon dans lequel nage une pintade, une langouste dont les chairs découpées reposent sur un lit de légumes/mayo, des cuisses de dinde rôties, une autre soupière remplie d’une sorte de bouillabaisse. Le plateau de verre au centre de la table permet de diriger vers soi ces plats et de se servir au passage (avec des baguettes, bien sûr ! et des louches pour les soupes). Chacun dispose d’une petite assiette et d’un petit bol.


Au milieu du repas, les mariés et ceux de la table d’honneur montent sur le podium, et chacun y va de son petit mot gentil et porte un toast, repris par l’assemblée. On poursuit avec des gros clams cuits (mais froids) et des tranches de fruits frais. Les parents des mariés font le tour des tables pour remercier les gens de leur présence. Une importante équipe de serveurs/serveuses apportent les plats sur des charriots tout en débarrassant ceux consommés, en n’oubliant pas de mettre les restes dans des sacs plastiques à emporter. On continue avec un poisson genre roussette. La mariée a quitté sa robe de mariée genre princesse, pour une tenue la mettant plus à l’aise, et sans la traîne… Les mariés reprennent la distribution de petits cadeaux pour les enfants (une savonnette petit cochon rose) puis montent à nouveau sur le podium. Le marié raconte des choses drôles liées à leur passé commun. Pendant ce temps, on nous passe des plats de riz + protéine animale non identifiée, et enfin une soupe à base de champignons et de viande de bœuf. Un point final avec une crème à la fraise et une glace (à la fraise).


Il est pile 3h quand les gens commencent à se lever, et sortent sans oublier les sacs de victuailles. En sortant, on peut poser pour la photo à côté des mariés.


Il fait très chaud dehors, et on a du mal à bouger. On reprend la voiture pour aller visiter un des survivants de la fratrie des grands parents. C’est l’ancêtre qui était à la table voisine. Il habite dans la proche banlieue de Chiayi une maison japonaise. Si on a bien compris son histoire, il était un des fonctionnaires nommé par le gouvernement à la suite de la reddition des Japonais, pour remettre sur pied l’économie agricole du secteur, et il lui a été attribué ce pavillon qu’occupait le militaire japonais. Maison en bois, tatamis, cloisons coulissantes. Les murs du salon où il nous accueille sont replis de livres, et le moindre espace est occupé par des dizaines de cartons et une foultitude d’objets divers, dépareillés et couverts de poussière… Un capharnaüm à la chinoise ! On nous offre le thé d’Oolong, des quartiers de mandarine et des crackers de riz. Dans cette famille les grands-pères ont (ou ont eu) un rôle important. Celui d’A. est décédé (on a été sur sa tombe il y a trois semaines). C’est grâce à son influence et son soutien qu’A. a poursuivi ses études. Et il l’a encouragée à venir en France.




À 5h on reprend la voiture pour rallier Pingtung. Alors qu’on roule en direction du soleil couchant, on a du mal à garder les yeux (et l’esprit) ouverts. En quittant l’autoroute (6h30), ne voilà-t-il pas que le chauffeur a un petit creux, et il décide qu’on aille manger des cochonnailles dans un petit restau de sa connaissance. Et nous voilà repartis à avaler une soupe de raviolis, tout en croquant des morceaux de cochon bouilli…


Et à la maison on termine par des tranches de pastèque (variété chair jaune).

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01/03


Après les agapes d’hier, on a du mal à se lever ce matin. Et on traîne au petit dej pour bavarder avec la Tante. Conversation ponctuée par des traductions sur mobile. Il est tard quand on part sur le site de Maolin. Et il fait très chaud (28° à l’ombre, et au soleil, on peut cuire des œufs !).


C’est une vallée profonde, tailladée par des rivières qu’on devine tumultueuses à la saison des pluies. C’est surprenant de voir combien la montagne plonge dans la plaine de Pingtung : en un instant on passe de la large plaine fertile à la profonde montagne sauvage. Quelques arrêts pour voir le paysage et faire quelques pas sur des chemins aménagés. Il y a du monde qui vient s’oxygéner les poumons ou se rafraichir dans les torrents. Quand on a vu les immenses zones industrielles autour de Kaohsiung et les cités qui les entourent, on comprend qu’au moindre week-end les gens s’en échappent et viennent ici s’aérer un peu.


On pousse jusqu’au village de Duona (la fin de la route…) : c’est un village aborigène où les commerces de la rue principale vendent tous la même chose : des grillades au feu de bois, et c’est l’affluence ! Mais très peu pour nous aujourd’hui, on a eu notre compte de cochonnailles !


On fait tout de même une petite rando pour aller voir une cascade. Là aussi il y a pas mal de monde pour arpenter un chemin (et des escaliers…) d’une bonne dénivelée. On sue à grosses gouttes, mais les gens d’ici n’ont pas l’air de souffrir de la chaleur…


Pour visualiser cette petite rando, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-randonnee/maolin-cascade-47345455


On rentre à la maison assez tôt dans l’après-midi pour régler quelques problèmes administratifs, ce qui fait qu’on mange tôt le repas préparé par la Tante, et du coup on se couche tôt !

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02/03


Dernier jour à Pingtung. Dernier jour de roue libre en voiture !


On retourne à Tainan.


Peut-être avez-vous fait le lien entre les noms géographiques suivants :


Taïwan 台灣, Taipei 台北, Taichung 台中, Tainan 台南, Taitung 台東.


Ils commencent tous par Tai 台, ça saute aux yeux. Tai 台, c’est l’entité taïwanaise, et Taïwan, c’est son établissement géographique, soit l’île.


À Tai 台, on ajoute pei 北 (= nord), ça donne la « ville du nord »,


À Tai 台, on ajoute chung (ou zhong) 中 (= milieu), ça donne la « ville du centre »,


À Tai 台, on ajoute nan 南 (= sud), ça donne la « ville du sud »,


À Tai 台, on ajoute tung (ou dong) 東 (= est), ça donne la « ville de l’est ».


Les caractères 北 (= nord) et南 (= sud) sont importants à retenir car ils sont utilisés dans les échangeurs d’autoroute : le panneau (1)北 signifie que vous êtes sur la Nationale 1 qui va vers le nord …


Notre premier arrêt : le musée Chimei. Un mirage au milieu du paysage industriel de la côte ouest de l’île ! Un riche industriel taïwanais ayant fait fortune dans la chimie, la pharmacie, les biotechnologies, les écrans plasma et LCD, a dépensé une partie de sa fortune en s’offrant des collections de tableaux, de sculptures, de violons rares (3000 !), etc, et comme il fallait bien ranger tout ça quelque part, il s’est fait construire un vaste palais (terminé en 2015) aux allures de palais de Versailles mâtiné Vatican, doté d’hectares de jardins tondus ras et d’un bassin copie conforme du bassin d’Apollon de Versailles ! Et il en a fait don à l’État ! La vision de ce palais dans la brume de chaleur qui recouvre la région ce matin est à se pincer pour y croire ! Malheureusement, on n’a pas visité l’intérieur.


Par contre, on prend le temps de visiter Anping, ce quartier portuaire de Tainan qui fut le premier établissement commercial de l’île, fondé par les Hollandais de la VOC, pour commercer avec l’extérieur. On a appris au cours des visites successives que ce sont les Hollandais qui ont initié la venue des premiers Chinois depuis le continent, main d’œuvre abondante dont ils avaient besoin pour cultiver la canne à sucre. Visite de la Maison Tait, exportateur britannique, dont les dépendances ont été envahies par les racines ont enserré les murs tel des boas constrictor ! Visite du Fort Zelandia, dont il ne reste que quelques pans de mur d’origine, mais le site vaut le coup de s’y reposer et de s’informer sur le passé de cette ville. Visite du temple Matzu. Cependant, les « vieilles rues » d’Anping sont surtout des allées de commerce où le touriste est invité à ouvrir son porte-monnaie (ici, on règle ses factures avec son téléphone mobile…).

"La Maison Tait" 


"Fort Zelandia" x2  "Carte de Taiwan, façon Arcimboldo" "Temple Matzu"
en haut, à droite "Les huitres arrivent en ville"  en bas, à droite "Cimetière attaqué par les banians (ficus géants)"

On traverse le fleuve qui borde la ville au nord pour s’arrêter aux marais de Sicao. On découvre qu’une petite compagnie propose aux touristes des circuits en bateau dans les bras du fleuve (réserve naturelle) pour découvrir la mangrove spécifique à cette région et les oiseaux qui y nichent (200 TWD/p, une heure). On croise quelques pêcheurs, des plateformes en bambous où l’on élève des huitres, et les oiseaux, de grands échassiers blancs, sont au rendez-vous. Là aussi, c’est assez surprenant de voir cette vie sauvage à quelques centaines de mètres des gratte-ciels et des échangeurs d’autoroute…


Pour visualiser cette petite promenade en bateau, suivre le lien :


https://fr.wikiloc.com/itineraires-motorboat/sicao-wetlands-marais-47400400


Retour à Pingtung où la famille nous a préparé un repas d’adieu digne d’un restaurant gastronomique, avec entre autres, des sushis et du canard laqué !

On continue le carême !

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03/03


Debout tôt : 5h45 ! Il y a un train à prendre pour Taipei à 7h40. Heureusement, toute la famille s’est mobilisée pour qu’on soit à l’heure à la gare : copieux petit dej et voiture pour nous trimbaler avec nos valises. On ne cesse de se dire au revoir.


Un peu moins de quatre heures de train. On a de la place pour s’étaler et somnoler. Le wagon est plein et tout le monde a mis son masque (sauf le kiki caniche de la voisine – pourtant celle-ci a pris soin d’asperger son siège de désinfectant à l’aide d’un vaporisateur). On arrive à l’heure à destination. Bagages à la consigne automatique.


On va faire un tour à Ximen, mais l’animation qui fait la réputation du quartier n’y est pas. C’est trop tôt. Ce quartier est trop décousu : des immeubles modernes mitoyens de bâtisses déglinguées, des trous béants qu’on tente de remplir avec des gravats, des affiches géantes pour cacher des façades qu’on ne veut plus ravaler… Quelques tentatives de réhabilitation permettent la renaissance de bâtiments du début du siècle dernier (Red House, Bopiliao), mais ils sont aussitôt transformés en boutiques de luxe.


Du côté du temple Lungshan, c’est un peu la misère qui sort des habitations alentour : des dizaines de personnes âgées, surtout des hommes, errent sur le parvis, certains plutôt éméchés, s’interpellant bruyamment.

" Le temple Lungshan"  "Un Saint enceint ? " 


On revient à la gare chercher nos valises, puis on part à la recherche de notre nouveau studio : le quartier semble paisible, l’immeuble des années soixante résiste au temps et aux moussons, ce qui n’est pas le cas du reste du quartier. De l’autre côté de la rue, un hôtel de luxe et un « deparment store » logent dans des immeubles tout neuf en verre.

"On travaille tard dans la couture" "Chacun choisit sa monture" x 2 


On fait encore un petit tour dans le quartier. On tombe sur un minuscule temple, couvert de fleurs, aux allures de temple thaï, rempli de fidèles et une femme qui danse dans les volutes des fumées d’encens. Une fois sa danse terminée, elle prend ses cliques et ses claques et s’en va. Quelques courses, repas thaï dans un food court.

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03/04


Quand on met le nez dehors (nez sous le masque…), il bruine. Du côté de Beimen, on ne trouve pas tout de suite l’arrêt du bus 965, donc on le voit passer sous notre nez (idem). On souhaite aller à Jinguashi à une quarantaine de kilomètres de Taipei. Comme les bus sont assez nombreux dans ce pays, on ne doit pas attendre trop longtemps.


À peine passé la banlieue Nangang, il se met à pleuvoir des cordes et le brouillard se met en place sur les sommets. Et quand on descend du bus, et qu’on est un peu dans les montagnes, on regrette de n’avoir pas pris les polaires… Heureusement, on a les k-ways et les parapluies. On est les rares visiteurs à entrer dans ce vaste « parc » consacré aux mines d’or de Jinguashi. L’or était exploité ici depuis le 17ème siècle ; il a attiré la convoitise de beaucoup de monde, et ce qu’on visite ce sont les installations (rénovées) qu’ont laissées derrière eux les Japonais, et reprises par les Taïwanais jusqu’en 1970, arrêt de l’exploitation. On visite la maison particulière d’un directeur, des bâtiments ayant servi dans le raffinage et le stockage de l’or (reconvertis en galeries pour créateurs d’objets à base de métaux), une galerie de mine reconstituée, et un bâtiment moderne contenant des explications sur la géologie du site et l’origine de l’or, sur les différents minéraux et roches impliqués (en plus de l’or, il y a du cuivre et de l’argent), et ce qu’on peut faire avec de l’or. Le clou (si on peut dire) de ce musée est le lingot d’or de 220 kg, que l’on peut toucher (frissons), et dont la valeur est affichée en temps réel : environ 10 millions d’euros !

"Une maison bourgeoise japonaise" 


"La mine d'or" 
"La maison du directeur" "Le fameux lingot"

Il pleut toujours autant lorsqu’on prend le bus pour Jiufen. Là encore, cette ville touristique est déserte. Son attraction consiste en une ruelle étroite et sinueuse (Old street) bordée exclusivement d’échoppes : principalement de la nourriture (cuisinée et à manger sur place ou conditionnée et à emporter), mais aussi des bibelots, des vêtements, etc. Les maisons n’ont rien d’ancien, mais comme c’est sur la liste des choses à voir dans le coin, on l’a vu ; mais…

"Il pleut..." 


"Pas grand monde dans la ruelle" 
"Des trucs "miam", et des trucs "pas miam" "

On rentre en fin d’après-midi sur Taipei, et là, on a la surprise de voir qu’il n’y a pas plu : tout est sec ! On traîne un peu au studio puis on va diner au pied de la maison dans un mini-restau (on avait sauté le repas de midi…).

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05/03


Il a plu toute la nuit. Mais lorsqu’on sort, pas besoin de sortir les parapluies. 16°, vague de froid. Métro jusqu’à Fuzhong, puis bus 910 jusqu’à Sanxia, grande banlieue au sud-ouest de Taipei. Le centre-ville de Sanxia est bien animé par un marché qui déborde sur la rue principale.

" Travail à l'oeil et du bout des ongles" "Slips et cacahouètes"


Dans cette ville, il subsiste une vieille rue, bordée d’authentiques maisons anciennes datant d’une époque où l’on faisait fortune dans l’industrie et le commerce de l’indigo. Aujourd’hui, les commerces vendent des choses qui n’ont plus rien à voir, un peu comme hier à Jiufen, mais là, au moins, le cadre s’y prête. Il reste encore une petite entreprise artisanale qui perpétue le savoir-faire, mais il faut chercher pour la trouver. C’est à partir d’une plante que l’on fait fermenter dans des bacs que l’on obtient cette teinture. Les tissus que l’on souhaite teinter sont parfois noués ou ficelés avant de les immerger dans la soupe bleue, les nœuds servant à préserver des endroits sans teinture.

"Teintures à l'indigo" "La plante aux larges feuilles au milieu est celle qui sert à créer la teinture" 


Le petit musée prétendument historique de la ville n’a pas éveillé notre intérêt, rien en anglais, et les objets présentés sont couverts de poussière et les photos jaunies par le temps…


Après avoir déjeuné de curieux farcis au poulet et au (… ?), on traverse la ville pour explorer le musée Hakka. Les Hakka sont une population de Chine continentale habitant la région du Fujian, celle qui fait face à Taïwan. Ce sont eux qui ont constitué la première vague de Chinois sur l’île (d’abord par les Hollandais, puis par la dynastie Qing au 17ème siècle), et qui ont fortement marqué l’île par leurs traditions. Au Fujian, ils avaient (et ont toujours) de fortes relations communautaires qui se traduisent par exemple dans l’architecture : un village, c’est une grande maison ronde de plusieurs étages, avec peu de fenêtres donnant sur l’extérieur, mais terrasse et fenêtres donnant sur la cour intérieure, avec au centre, les « services » mis en commun tel le lavoir, la salle de réunion, le temple, etc. . Arrivés à Taïwan, ils ont apporté dans leurs bagages la poterie, les teintures, les outils agricoles etc. À présent, ils sont nombreux à se revendiquer de ce passé. Le musée rassemble quelques-uns de ces témoignages, mais une fois de plus, rien en anglais…

"Le musée Hakka" "L'habitat traditionnel hakka" "L'habitat d'aujourd'hui..." "Les Barbies servant à présenter  les traditions hakk...


"Peinture murale et palanquin" 

On prend le bus pour traverser la large rivière Dahanxi, la circulation sur le pont est telle que l’on risque sa vie si on le traverse à pied ! La ville d’en face est Yingge, réputée elle, pour ses ateliers de poterie et ces industries liées au travail de l’argile : tuiles, céramiques, etc… Un tout nouveau musée y est consacré. Vaste musée qui expose au premier étage (2F) toutes les techniques liées au travail de l’argile (beaucoup de vidéos), son histoire à Taïwan, et ses applications modernes (artistiques et industrielles) (tout est doublé en anglais). Au deuxième étage, l’espace est offert aux créateurs d’aujourd’hui. Ça plait ou non…

"Le musée des céramiques de Yingge" x2 


"Les œuvres d'aujourd'hui" 

La ville de Yingge est totalement vouée à cette activité : usines, magasins, entrepôts, etc… Il y est préservé une rue plus ou moins authentique, bordée de magasins, voire de supermarchés de la poterie, et il y en a pour tous les goûts. Le centre de cette ville est travaux : une autoroute va la traverser sur d’immenses pilotis, embouteillages et démolitions hatives.

"La rue des céramistes" "Un supermarché de céramiques" 


Retour en train à Taipei à la nuit tombante, rapide repas de soupe aux wontons (genre de raviolis) et nouilles sautées. Ce soir, on fait les valises…

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06/03


Grasse mat. L’avion étant à 23h40, on a du temps devant nous. On dépose les bagages dans des consignes automatiques à la Main Station et on va se promener. Il fait beau, on se croirait au mois de mai (en France). On fait les derniers devoirs du touriste accompli : visite de musées et de monuments.


On commence par le National Taïwan Museum pour lequel on a des entrées gratuites (car couplé avec le Gold muséum). Manque de chance sur les quatre étages de salles d’exposition, il n’y en a qu’une d’ouverte au public ! C’est l’étage des naturalistes, et maintenant on est incollables sur les pangolins et les écureuils volants… On progresse vers l’esplanade du mausolée de Chiang Kai Shek, sans toutefois aller jusqu’au monumental mausolée du dictateur (on avait bien boudé le mausolée de Mao à Pékin…).

"Au fond, le mausolée"   "Gymnastique du matin"


Puis on va au National museum of History, par les grandes avenues de ce quartier de ministères et de grandes administrations. Quand on y parvient, on a la surprise de voir le musée emballé, façon Christo : il est en travaux de rénovation, et il y en a pour trois ans ! Décidément…

"La Petite Porte du sud"  " ..."


On se promène dans le parc juste à côté : c’est un jardin botanique. On y retrouve les grands arbres des forêts qu’on a traversées et quelques explications bienvenues. Au détour d’un chemin, on découvre un petit pavillon japonais entouré d’un jardin zen (cailloux ratissés tous les matins).

"Jardin des Plantes" x 2 "Maison japonaise" "Le jardin zen et sa tortue" 


On reprend nos valises, on avale un repas succinct vers les 17h, puis à la nuit tombante, on prend le MRT A. Lorsqu’on arrive à l’aéroport T2, coup au cœur : à la sortie des ascenseurs du Métro express, les grands panneaux qui listent les vols sont tout rouge, 95 % des vols avec la mention « cancelled » !! Notre vol n’est pas encore affiché. Une fois dans le grand hall des enregistrements, c’est le désert. Une dizaine de passagers errent, les hôtesses des compagnies attendent derrière les comptoirs. Il y a une majorité de compagnies qui n’ont même pas ouvert leurs guichets. À EvaAir, on prend tout de même nos bagages ! Le vol a bien lieu ! Après relecture des panneaux, on constate que ce sont les vols de/vers l’Asie de l’est qui sont annulés. C’est avec ces pays que l’aéroport fait la majorité de son activité. Comme on a du temps devant nous, on erre dans l’aérogare avant de passer la « frontière », et du côté des restaus, il y a des promotions mais pas de clients pour en profiter (on découvre ainsi le thé matcha), et certains sont carrément fermés.


Ainsi s’achève notre séjour sur l’île de Taïwan…

"Le panneau voit rouge"  "L'aéroport est désert" 
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Easycard (https://www.easycard.com.tw/en/easycards )


L’Easycard (ou ses équivalents locaux) est une carte de paiement très pratique. Son coût initial est de 100 TWD (3€). On peut acheter cette carte un peu partout, en particulier au guichet MRT de l’aéroport Taoyuan intl. On lui ajoute du crédit dans les comptoirs automatiques des gares et des stations de métro (qui « avalent » les billets de banque en échange du crédit), aux caisses des chaînes 7/11, FamilyMart, etc… Avec cette carte, on peut régler ses achats dans les chaînes citées et d’autres commerces, ses transports dans le MRT, dans les bus et les trains locaux, quelques grandes surfaces, les stations-services, etc.. Bien que cette carte soit anonyme, il est important d’en avoir une par personne pour prendre les transports en commun. À la fin du séjour, on se fait rembourser le crédit restant.


Ce moyen de paiement est très populaire. Il a été mis en place pour éviter la circulation du cash et enrayer les détournements des taxes sur le chiffres d’affaire….


Les Taïwanais appellent cette carte la « youyouka ». Il existe une version APP sur mobile, mais on ne l’a pas testée.


Carte SIM/Internet


Il y a internet gratuit presque partout dans les zones urbaines, mais il faut au préalable s’abonner dans un office de tourisme ou sur le site : https://itaiwan.taiwan.net.tw/Index.aspx . Réseau public peu sécurisé.


Nous avons acheté dès notre arrivée à l’aéroport une carte sim et un abonnement internet uniquement, pour une somme modique ; c’est impeccable pour s’orienter avec le GPS dans les zones urbaines comme dans les zones montagneuses.


Faire ses courses à Taïwan


Supermarchés/Supérettes/petits magasins : mêmes prix partout.


Pour trouver des produits « à l’occidentale » (beurre, fromages, desserts, etc), c’est compliqué.


Alcool : peu d’alcools ! Bière : une seule marque taïwanaise, 40 TWD/60cl. Quelques bières étrangères dans les supermarchés. Vins étrangers : rien à moins de 10€


Se nourrir : ce n’est pas cher et c’est très diversifié. Auprès des stands de rue, on mange debout ou c’est à emporter ; c’est facile d’identifier ce qu’on y cuisine. Dans les petits restaus : les plats sont écrits en chinois (des exceptions à Taipei), peu de menus en anglais, cuisine de spécialités. Il existe des petits self où c’est le plus pratique : on prend une barquette en carton que l’on remplit à loisir, et à la caisse on vous dit combien vous devez. Il existe des chaînes multinationales. Dans les superettes genre 7/11, il est possible d’acheter des soupes de nouilles lyophilisées dans des bols en carton, et, après avoir payé, on peut aller les remplir à la fontaine d’eau bouillante, et puis s’installer dans la partie « tables et chaises » pour les consommer. De même, il y a des plats sous cellophane à réchauffer au micro-onde de la supérette !


Bakery : attention aux croissants : ils peuvent cacher une saucisse !


Dans les petits restaus, on apporte sa boisson, même l’eau (généralement, les Taïwanais ne boivent pas pendant les repas).


Dans les marchés, les fruits ou légumes s’achètent soit à la pièce, soit par livre taïwanaise (一磅 = 600 gr).


Hébergement


Hôtels : ils ont souvent une machine à laver (gratuite) et une aire d’étendage à la disposition de la clientèle.


Bien lire les annonces : les prix bas concernent une place dans un dortoir !


Souvent, pas de parking


Airbnb, propres, disposant au minimum d’un frigo et d’une bouilloire. Parfois, un micro-ondes. Généralement pas de parking. On ne voit jamais les propriétaires. Dans les annonces, il y a aussi des chambres dans des hôtels. Bien lire les annonces : les prix bas concernent une place dans un dortoir !


Transports en commun


Trains (TRA) https://tip.railway.gov.tw/tra-tip-web/tip?lang=EN_US


Il faut distinguer les trains locaux des trains grandes lignes. Les premiers fonctionnent comme le MRT. Les seconds sont à régler en espèces ou vraie carte bancaire. Il est important de faire la réservation des places au moins une semaine avant. Nombreux guichets automatiques, mais il existe des guichets avec du personnel. Attention : si on indique une date rédigée sur un bout de papier : la date s’écrit dans la norme AAAA/MM/JJ (YYYY/MM/DD). On n’a pas testé le TGV (HSR).


La Main Station de Taipei n’est pas un terminus : on dispose de peu de temps pour monter dans le train !


Métro (MRT, aéroport) https://english.metro.taipei/Default.aspx


Bus de ville (APP bus tracker taiwan) https://ebus.gov.taipei/Query/BusRoute


Conduire à Taïwan


Le réseau routier est excellent, y compris en montagne. Des routes peuvent être coupées par mauvais temps. La signalisation des travaux sur autoroute est médiocre : c’est au dernier moment qu’on les voit. Les conducteurs sont globalement respectueux des règles de conduite (à l’exception des limites de vitesse sur autoroute). Les deux roues sont majoritaires en ville. Sur les routes ou les voies urbaines, la voie de droite, matérialisée par une ligne blanche, est réservée aux 2 roues. Elle sert parfois si on veut doubler un véhicule.


L’essence est au même prix partout : La 95 à 26,5 TWD/litre


Les autoroutes sont à péage (portique sur la voie et pastille radio sensible dans la voiture).


Feux rouges : il y a de nombreux feux rouges sur les routes, ce qui rend les trajets hors autoroutes assez longs. Dans certains carrefours, ils sont assez difficiles à interpréter.


Police : peu de contrôles, quelques radars sur les autoroutes… En cas d’accident, il faut attendre l’arrivée de la police sans bouger !


Panneaux de signalisation : les directions sont bilingues chinois/anglais. Sur les petites routes, elles peuvent être uniquement en chinois. Les autres signalisations sont en chinois.


Stationnement : dans la rue, la bande rouge signifie qu’on ne peut pas stationner. Il y a des emplacements délimités par les rectangles blancs numérotés : si le contrôleur des parkings passe (en scooter !), il pose une vignette sous l’essuie-glace portant le N° d’immatriculation, le N° de l’emplacement et l’heure de l’enregistrement ; la vignette est à régler dans un 7/11 ou un FamilyMart (20 TWD/h). Il existe de rares parkings privés payants (entre 20 et 50 TWD/h).


Piéton à Taïwan : c’est une espèce rare ! À l’exception de Taipei, et de Kaohsiung, il n’y a pas de trottoirs dans les rues des villes. La plupart des gens sont à scooter et se garent au pied du magasin où ils font leurs courses ! Il y a beaucoup de véhicules électriques dont on n’entend pas l’arrivée. À Taipei, les piétons respectent rigoureusement les feux rouges.


Météo


site d’État : https://www.cwb.gov.tw/V7e/index_home.htm (APP Taiwan weather)


Avec en plus, la situation sismique.


Ne pas s’attendre à des prévisions très exactes. Globalement, il fait plus froid et plus humide dans le nord (et plus particulièrement le nord-est) que dans le sud.


Sécurité


Taïwan est un pays sûr. Nous n’avons ressenti aucune occasion de stress ou de méfiance. À plusieurs occasions, des personnes nous ont spontanément aidés dans notre recherche d’adresse ou d’orientation.


Toilettes


Il y a des toilettes partout : chaque station de métro, gare, administration, musée, etc disposent de toilettes vastes et propres. Certaines supérettes aussi. Les parcs nationaux en sont équipés, non seulement dans les visitor center, mais aussi sur les sentiers !! Avoir sur soi un peu de PQ tout de même.


Les parcs nationaux


Entrée souvent payante (de 50 à 200 TWD), justifiée par des équipements à la hauteur. Souvent un musée agrémente le visitor center. Des cartes succinctes sont offertes (demander l’édition en anglais). Certains itinéraires ne peuvent être parcourus qu’après une déclaration auprès du parc, et, en plus, un laissez-passer obtenu auprès de la police : exemple, l’ascension du Mont Yushan, le plus haut sommet de l’île, pour lequel il convient de s’inscrire sur internet au moins deux mois à l’avance !! (cf le site : https://npm.cpami.gov.tw/en/index.aspx )


Lors de notre séjour, il y avait beaucoup de sentiers fermés pour cause de réparations.


Divers :


Ne pas oublier son maillot de bain (et parfois son bonnet de bain) pour accéder aux bains thermaux.


Quelques liens utiles randos et tourisme :


Alishan : https://afrch.forest.gov.tw/En


Yangmingshan : https://www.ymsnp.gov.tw/main_en/


Shei-Pa : https://www.spnp.gov.tw/En/Home


Kenting : https://www.ktnp.gov.tw/en/Default.aspx


Yushan (site en maintenance) : https://www.ysnp.gov.tw


Les forêts nationales : https://recreation.forest.gov.tw/EN/Index


La côte est : https://www.eastcoast-nsa.gov.tw/en


La culture aborigène : http://indigenous.pristine.net/index_en.html


Un fan de randos : https://hikingtaiwan.wordpress.com/hiking/


Office gouvernemental du tourisme (version française) : https://www.taiwantourisme.com/